caloucaera poésies


Les Cons d'la Nation

FARID



On les fustige. On les calomnie. Nous nous croyons tous différents d'eux. Leurs léthargies d'opinion nous laissent perplexes. Leurs passions nous paraissent irréelles. Leurs télévisions sont leurs miroirs. Mais, Nous, ce virus ne nous atteint pas. Pourtant, ils sont légion à ne plus chercher, à s'abandonner aux magazines de télévision. Leur discothèque ne sera constituée que de ces derniers tubes insipides chantés par des charcutiers traiteurs reconvertis. Ils ne parleront que des dernières pirouettes d'un apprenti artiste singeant l'électrocution sur ses chorégraphies. Ils se vêtiront à l'effigie de leurs mentors. La situation mondiale n'aura que peu d'importance tant qu'ils pourront voter, et financer, le répit de leurs amis improvisés.

Mais eux finalement ? Qui s'intéressent à eux ? Ne puisent-ils pas dans toutes ces ressources d'abandon un palliatif à leurs défaites dissimulées ? En votant pour ces adolescents ne votent-ils pas leurs propres sursis ?... Comme s'ils voulaient retarder l'échéance de se trouver, de nouveau, face à leur ennui.

Ce schéma se répètera à l'infini tant que les modes seront calibrées, définies. " Chasser le naturel, il revient au galop ", dit-on. J'ai beau tendre l'oreille, je n'entends que des trots. Les courants, les vagues, les déferlantes, avant d'arriver dans nos assiettes, sont comprimées, étudiées. Là où il y a stratégie, le naturel n'est plus. Tant que les recherches personnelles seront supplantées par des études Marketing, nous serons conditionnés par des décompositions pseudo - artistiques (les chargés d'études Marketing se prétendent artistes !) de nos agissements. Ainsi, sans sourciller, sans expirer, s'étalera devant nous le buffet de nos humeurs réchauffées.

Evidemment, personne ne se sent concerné par cette machinerie. " Moi, je ne regarde pas... Moi, je n'écoute pas... ". Nous repoussons de tout notre dégoût ces fumisteries humiliantes. Mais sur les graphiques, les courbes, les camemberts des réunions stratégiques, nous sommes tous un pourcentage ou une part. Bien sûr, une existence est plus simple à poursuivre lorsqu'elle est classifiée, répertoriée et que des briques extérieures viennent combler ses vides. Plus de questions. Que des réponses. Mais tout n'est qu'illusion de révélation personnelle, jeu et envoûtements de courte durée. La preuve ? Une passion viscérale est éternelle, une mode n'est que facultative et chronométrée. Autre preuve ?


Courbe


Porter des œillères n'est pas une fatalité, ni une résultante du stress qui nous ronge. C'est une attitude qui puise ses racines dans la passivité, l'abandon ou le relâchement. Lorsque l'esprit s'affaisse, il devient béant et s'invitent alors une escorte de parasites fomentés par un mercantilisme brute et abrupt.

À chacun d'explorer les possibilités mises à sa disposition. Mais quelle que soit la source, ne jamais se contenter d'une seule, afin de ne pas restreindre son champ de vision et dépendre d'une personne ou d'un groupe. C'est en se singularisant, que l'esprit se libère.




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