Gigi la coccinelle
Ne se trouve pas belle !
Elle déteste tous ces petits pois
Qui tachètent sa robe grenat.
Elle voudrait tant les effacer
Que chaque jour elle ne fait que les frotter
Avec de l'eau et du savon.
Qui lui donnent bien des démangeaisons !
Et les petits pois sont toujours là !
Alors en cette veille de Noël
La voilà qui n'en finit pas de virevolter
En agitant en tous sens ses ailes
Afin que ces méchants pois puissent tomber.
Mais ils sont drôlement bien accrochés !
" Eh ! Que fais-tu donc, Gigi ?
Lui demande son ami Bidule le bourdon.
Serais-tu prise de folie,
Pour tourner ainsi en rond ? "
" Oh la la, mon bon Bidule !
Ne vois-tu pas comme je suis ridicule,
Avec sur ma robe ces horribles petits ronds,
On dirait que je suis farcie de boutons !
Je voudrais une robe unie : toute verte
Comme Zaza la sauterelle,
Ou même toute violette
Comme la prune Mirabelle
Ou mieux encore :
Jaune comme les boutons d'or !
Mais au lieu de ça, quelle cata !
Je suis farcie de petits pois !
D'affreux petits pois noirs
Qui me font ressembler à une passoire ! "
Pauvre, pauvre Gigi !
Il faudrait faire quelque chose pour elle,
Surtout en cette nuit,
Qui est la nuit de Noël...
C'est ici que cette comptine s'achève
Pour faire place à une histoire,
Et avant que le jour ne se lève,
Vous serez fort tenté d'y croire !!!!!
L'HISTOIRE DE GIGI
Gigi la coccinelle pleure toutes les larmes de son corps. Même les petits pois sont agités de soubresauts. Les insectes de la ferme se sont tous rassemblés autour d'elle et sont fort ennuyés ! C'est une coccinelle si gentille, si polie, toujours prête à rendre service. Ils ne peuvent pas rester ainsi les bras et les pattes croisés, sans rien faire !
- Je sais ! Déclara José le moustique d'un ton solennel. Allons voir Pauline l'araignée. Elle a toujours plein d'idées.
- Oh la la ! S'exclama Bidule ! À cette heure-ci, elle doit être couchée. Pour sûr qu'elle va nous envoyer balader, et peut-être même nous manger !
- Bidule a raison ! Dit une petite voix. Mais je sais comment l'amadouer. Pauline rêve d'avoir une toile parsemée d'étoiles. Alors prenez celles que j'ai confectionnées à l'école dans du papier brillant et offrez-les-lui.
Ainsi venait de parler Maëlis, la fillette qui habitait la ferme.
Et nos amis s'en allèrent frapper chez l'araignée. Celle-ci arriva, les paupières gonflées de sommeil et de fort méchante humeur quand elle aperçut la colonie des insectes faire la queue devant sa porte. " Ces imbéciles tiendraient-ils à se faire manger la nuit de Noël ? " Songea t'elle en les regardant tour à tour. C'est alors que Tchik le criquet lui tendit quelque chose, puis ce fut au tour de Bidule le bourdon, puis de José le moustique. Tous les insectes venaient de lui donner une minuscule étoile. Pauline en fut bouleversée. Des larmes lui picotèrent les yeux :
- Merci, merci beaucoup ! Dit-elle, en reniflant. Personne ne m'a jamais offert le moindre cadeau ! Que puis-je faire en guise de remerciement ?
- Gigi la coccinelle est très malheureuse. Elle ne veut plus de sa robe à pois. Aurais-tu une idée, car nous savons tous que tu es très futée ?
L'araignée se sentit flattée et se rengorgea. Elle réfléchit quelques minutes et répondit :
- J'ai effectivement une idée, mais elle risque de me prendre quelques heures. Voulez-vous entrer dans ma toile en attendant, ou bien revenir avant le lever du jour ?
Les insectes se regardèrent tous. Pauline avait beau se montrer aimable, elle n'en restait pas moins une araignée...
- Euhhh, c'est-à-dire, madame l'araignée, sans vouloir vous vexer, nous repasserons à l'aube. En attendant, nous allons nous reposer un peu car nous sommes un peu las ! Bégaya une tout petite mouche.
- Très bien, alors à plus tard, dit Pauline en fermant sa porte.
Ce matin-là, quand Gigi ouvrit les yeux, elle eut la surprise de trouver un paquet posé près de son lit. Elle ne vit pas tous les petits yeux qui brillaient en l'observant. Elle voleta autour du paquet, à la fois intriguée et effrayée. Elle le huma, le frôla. Son manège dura un bon moment ! Tant et si bien que nos amis tapis dans l'ombre commencèrent à avoir des crampes !
Gigi se décida enfin et ouvrit le mystérieux cadeau. Elle en tomba à la renverse ! Jamais elle n'avait rien vu d'aussi beau : une robe en dentelle couleur du soleil qu'elle se hâta d'enfiler et qui lui allait à merveille !
C'est ainsi que s'achève l'histoire
Afin que la comptine reprenne
C'est un message d'espoir
Pour ceux qui sont dans la peine...
LA COMPTINE DE GIGI
Gigi la coccinelle coquette
N'a jamais été aussi jolie !
Le bonheur brille dans ses mirettes
Elle a enfin une robe toute unie !
Elle prend son envol et s'élance
Vers le ciel bleu qui l'appelle
Et la voila qui entame une danse
En cette belle journée de Noël !
En la voyant si éclatante,
Tous ses amis ont le cœur gonflé !
Tandis qu'au milieu d'une toile brillante,
Gentiment sourit une araignée aux doigts de fée.
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