La libre littérature française des Amériques      Version du 31/01/2005



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Calliope,la naissance
La visite d'Apollon
L'Outrage
Colère de Zeus
Éole raconte
La nuit du sabbat
Le Sabbat de l'Enfer
Le souffle d'Éole
Némésis humiliée
Les amours gauloises
Guet à pens
Taranis et Calliope

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Calliope
Conte mythologique

Raymonde VERNEY

http://site.voila.fr/verney/



Avec Raymonde, la poésie enfantine ne pouvait pas être mièvre !
Le fantastique et ses mystères sont son environnement quotidien.
Elle nous invite à découvrir l'histoire d'Abélys, un nain savant et très naïf.















































Calliope,la naissance


Près de l'Hélicon, dans une roche creuse,
Naquit Calliope ; de sa beauté se travesti l'aurore
Mnémosyne (sa mère) harcela sa mémoire
Qui façonna des berceuses.
Zeus (son père) de son œil séculaire prévient Asclépios.
Le vieillard ridé envoya la puissance portée par des chevaux ailés.
Orphée, délaissant les ombres ravit les chants des initiés
Les Moires filaient l'écheveau de la vie.
Némésis ourla sa robe d'étoiles bleues, sorcière de la nuit.
Gaïa outrée conta, O la muse, les mensonges du temps.
Intervint Cronos, qui peignait les heures sur le néant :
" Mère, mon trône est dévasté, c'est la ruine ! "
Et Calliope versifiait, déjà on louait ses rimes.


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La visite d'Apollon


Trois jours se sacrifièrent
Ainsi, Calliope devint-elle muse altière
Apollon, prie Uranie de lui porter le livre des sages
Il ausculte les mots, renverse les phrases
A la millième page surgit un génie
Il souffla si fort que la poussière écrivit :
Calliope sera muse de la poésie épique
Le dieu ferma le livre sur un éclat de rire hystérique
Il fit atteler un char de feu et pria Éole de le guider
Éole, de ses poumons d'acier, enleva Apollon,
Devant l'Olympe effrayé
Lorsque le poète s'inclina devant la muse, il devint grave
"Ton don aura l'univers pour gage
tu seras poétesse" sa main ancestrale caressa la chevelure bleue
Calliope jura de toujours louer les dieux


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L'Outrage


En ce Jour de l'An, je vous fais grâce,
Calliope avait courroucé son père.
Une vision se consumait à son éveil,
La voix de Zeus dévalait les âges
Pour se figer devant sa fille, austère.
Le pas du dieu déchirant le silence du ciel,
Némésis, déesse de la nuit, affirme
Que Calliope ignorait l'art d'écrire
Et usurpait les rimes de Clio.
La lune noire s'était voûtée sur ses lignes
Les yeux fuyant dans une torpeur hydrique,
La poétesse, par un oracle, sut l'amère complot.


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Colère de Zeus


Calliope est convoquée à l'Olympe
La Montagne, espionne aux regards païens,
Encense la déesse et multiplie les plaintes :
" Je suis vieille, usée, Éole rarement content,
Son souffle arrogant éveille les mystères de l'univers. "
Gaïa, lâche des bruits métalliques.
Poséidon fronce ses sourcils et intime aux flots de se taire.
" Moi, Montagne divine, je les rends amnésiques "
Survient Cronos, en colère, le temps s'était figé.
" Zeus t'attend, écoute son pas ébranler la voûte des ans ! "
Calliope suit le dieu, ils gravissent des âges terrifiés.
L'Hélicon efface ses rides dans la nuit.
Zeus toise Calliope tremblante et ses yeux annoncent le châtiment
La déesse, frappée d'amnésie, en oublie la parole.
La Montagne l'avait punie traîtreusement.
Le père chassa la fille qui se réfugia dans l'ombre d'Éole.


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Éole raconte


Calliope narre, à Éole, ses déboires.
Le dieu la fit asseoir sur le flanc d'une falaise.
" Némésis te hait car Taranis amant sans histoire
Fuit les aubes lascives et sa couche délaisse.
Taranis guette tes ablutions, petite.
La déesse Éos entrouvre les paupières de la terre,
Ses doigts perlés font fuir les satyres et leurs rites
Et toi, candide, tu vas vers cette source où narcisse
Se noya hier...
Ta beauté éveille l'ardeur du dieu tonnerre. "
Calliope comprit son erreur, elle grandit en sagesse et en froideur.
" Je serai à Taranis la nuit du sabbat de l'enfer,
Quant à la montagne le souffle d'Éole gèlera sa perfide noirceur.


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La nuit du sabbat


Hadès invite les dieux, les muses et les harpies
A un dîner si fameux que les âmes damnées
Rêvent d'y paraître.
Calliope portera une robe mousseuse, ornée de perles fantaisies.
Éole lui fit présent de senteurs des ténèbres.
Perséphone reçoit les dieux sur les marches des ombres.
Dans une salle tendue de soie pourpre,
Se dresse une table garnie en grand nombre.
Hadès siège sur un trône encerclé de démons nantis de fourches.
Héphaïstos, magicien boiteux, enlace Aphrodite
Qui, trompant la ferveur conjugale, sourit à Ares.
Dionysos boit car il soigne son éternelle laryngite.
Les harpies médisent, cruelles, de l'absurde univers.


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Le Sabbat de l'Enfer


Calliope aperçoit Taranis, dieu gaulois,
Attablé avec un vin des songes au nectar pervers.
La muse dirigea ses feux sur lui, de sa démarche ondoya.
Le dieu l'assied à sa droite, ses doigts dans sa chevelure errent...
Les rires et les cris emplissent les ombres,
Les satyres entament, de leurs voix avinées,
Des chants sacrilèges où les vices se confondent.
Les sirènes charment les démons, anges persécutés.
Calliope se laisse désirer, cette nuit elle portera le deuil de Némésis.
Taranis, aux manières éhontées, est un supplice pour l'Olympe raffiné,
Mais il est dieu et sa puissance est révérée par les dieux de la pluie.
La muse fut à lui, tandis qu'Éos, en hâte, se vêtait de rosée.


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Le souffle d'Éole


Éole tint sa promesse à Calliope.
Durant la nuit du sabbat de l'enfer,
Le dieu rôda aux alentours de l'Hélicon déserté.
La montagne, épuisée, s'assoupit, son haleine perça la terre.
Le dieu du vent souffla durant trois jours et trois nuits.
Les rochers, ébahis, dévalèrent les parois
Et fondirent sur une plaine endormie.
L'Hélicon, terrifié, chancelait sur ses pas.
Les Érinyes dansaient en jetant l'anathème.
La montagne parvint à passer un message à Hermès,
Qui alarma Zeus de l'étrange phénomène.
Lorsque parut le père de l'olympe, Éole feignit un malaise :
" Mes poumons ont avalé les bruits de la nuit,
Ai-je soufflé si fort que ton sommeil s'en est allé ?
Zeus ne s'y trompa point, il fit venir à lui Némésis
La déesse confessa sa passion répudiée.


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Némésis humiliée


Magnanime, Zeus ne punit pas Némésis,
La reine de la nuit s'enfuit celer sa honte.
Éros, discret, suivit la divine dans son sacrifice,
Ses larmes se mêlaient aux remous de l'onde.
Némésis ferma les portes de la nuit,
Ses yeux perçants fouillaient les songes,
Afin d'y sonder les rites de la vie.
Cronos, fébrile, défaisait les secondes
Némésis se tint cachée cent jours et cent nuits.
Elle réapparut majestueuse aux bras des ombres,
Elle alluma les astres d'un sourire ambigu,
Glissant sur les pavés célestes, miroir des tombes.
A l'olympe les dieux surent le retour de Némésis,
Chacun appréhendait sa vengeance inéluctable,
N'était-elle pas déesse de la justice ?
Dans un temps sans heure sera effroyable !


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Les amours gauloises


Taranis et Calliope, insouciants, sacrifiaient au rite d'Éros.
La muse s'était éprise de sa vengeance,
Dans sa candeur elle convoqua Phos,
Afin d'éclaircir les mystères qui geignaient,
Sourde transhumance.
Phos était une alliée de Némésis, elle vint,
Portée par une lumière blanche, fée aux yeux vitriols.
Taranis se méfia, il flaira l'ignominie du destin.
Le fiel que Phos déversait fut happé par le souffle d'Éole.
Calliope comprit son erreur, elle vit s'éloigner la déesse blanche.
Taranis parla : " Némésis et Phos sont des sorcières redoutables,
Mes pouvoirs sont immenses et ma voix est la lumière des anges,
Je renverserai les montagnes, les flots se rebelleront,
Les temps deviendront exécrables. "


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Guet à pens


Némésis filait une tunique en soie,
Lorsque l'étoile sidérale la prévint
De la visite inopinée du dieu tonnerre.
La déesse, troublée, de son nuage se détacha.
Taranis foudroya la maison de ses pairs
Il s'assit sur une ombre et parla :
" Dépose les armes, déesse de la nuit
Ta jalousie morbide, tes soupirs, tes râles,
Zeus t'ôtera ton trône, tu ne seras que poussière d'ennui ! "
Le teint de Némésis bleuit, humiliée,
" Je m'unirai à Calliope dans ma mythologie,
Tu es l'ange noir qui détruit, maudite Psyché,
Je te mets en garde, cesse tes ignominies "


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Taranis et Calliope


Taranis s'unit à la muse Calliope
Dans le secret d'une forêt sombre,
Ces bois divins celaient les amours éhontées.
Hyménée survint, chevauchant le monstre,
Le sphinx ailé, énigme insoluble.
Éros ému, attesta qu'il ne faut point confondre
L'amour et la passion, il endossa une chasuble.
Arrivèrent Aiolos, roi des îles Éoliennes
De son haleine mystique s'exhala un souffle pieux,
Et la nymphe, Écho aux paroles sibyllines.
Calliope épousa Taranis, bravant l'opprobre des dieux.

Fin des amours de Calliope et de Taranis.


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