|
|
|||||||||||||
|
Accès aux Chapitres : Calliope,la naissance La visite d'Apollon L'Outrage Colère de Zeus Éole raconte La nuit du sabbat Le Sabbat de l'Enfer Le souffle d'Éole Némésis humiliée Les amours gauloises Guet à pens Taranis et Calliope Retour à la page d'accueil. Retour au site portail |
Calliope
Conte mythologique Raymonde VERNEY
http://site.voila.fr/verney/
Près de l'Hélicon, dans une roche creuse, Naquit Calliope ; de sa beauté se travesti l'aurore Mnémosyne (sa mère) harcela sa mémoire Qui façonna des berceuses. Zeus (son père) de son œil séculaire prévient Asclépios. Le vieillard ridé envoya la puissance portée par des chevaux ailés. Orphée, délaissant les ombres ravit les chants des initiés Les Moires filaient l'écheveau de la vie. Némésis ourla sa robe d'étoiles bleues, sorcière de la nuit. Gaïa outrée conta, O la muse, les mensonges du temps. Intervint Cronos, qui peignait les heures sur le néant : " Mère, mon trône est dévasté, c'est la ruine ! " Et Calliope versifiait, déjà on louait ses rimes. revenir au début
Trois jours se sacrifièrent Ainsi, Calliope devint-elle muse altière Apollon, prie Uranie de lui porter le livre des sages Il ausculte les mots, renverse les phrases A la millième page surgit un génie Il souffla si fort que la poussière écrivit : Calliope sera muse de la poésie épique Le dieu ferma le livre sur un éclat de rire hystérique Il fit atteler un char de feu et pria Éole de le guider Éole, de ses poumons d'acier, enleva Apollon, Devant l'Olympe effrayé Lorsque le poète s'inclina devant la muse, il devint grave "Ton don aura l'univers pour gage tu seras poétesse" sa main ancestrale caressa la chevelure bleue Calliope jura de toujours louer les dieux revenir au début
En ce Jour de l'An, je vous fais grâce, Calliope avait courroucé son père. Une vision se consumait à son éveil, La voix de Zeus dévalait les âges Pour se figer devant sa fille, austère. Le pas du dieu déchirant le silence du ciel, Némésis, déesse de la nuit, affirme Que Calliope ignorait l'art d'écrire Et usurpait les rimes de Clio. La lune noire s'était voûtée sur ses lignes Les yeux fuyant dans une torpeur hydrique, La poétesse, par un oracle, sut l'amère complot. revenir au début
Calliope est convoquée à l'Olympe La Montagne, espionne aux regards païens, Encense la déesse et multiplie les plaintes : " Je suis vieille, usée, Éole rarement content, Son souffle arrogant éveille les mystères de l'univers. " Gaïa, lâche des bruits métalliques. Poséidon fronce ses sourcils et intime aux flots de se taire. " Moi, Montagne divine, je les rends amnésiques " Survient Cronos, en colère, le temps s'était figé. " Zeus t'attend, écoute son pas ébranler la voûte des ans ! " Calliope suit le dieu, ils gravissent des âges terrifiés. L'Hélicon efface ses rides dans la nuit. Zeus toise Calliope tremblante et ses yeux annoncent le châtiment La déesse, frappée d'amnésie, en oublie la parole. La Montagne l'avait punie traîtreusement. Le père chassa la fille qui se réfugia dans l'ombre d'Éole. revenir au début
Calliope narre, à Éole, ses déboires. Le dieu la fit asseoir sur le flanc d'une falaise. " Némésis te hait car Taranis amant sans histoire Fuit les aubes lascives et sa couche délaisse. Taranis guette tes ablutions, petite. La déesse Éos entrouvre les paupières de la terre, Ses doigts perlés font fuir les satyres et leurs rites Et toi, candide, tu vas vers cette source où narcisse Se noya hier... Ta beauté éveille l'ardeur du dieu tonnerre. " Calliope comprit son erreur, elle grandit en sagesse et en froideur. " Je serai à Taranis la nuit du sabbat de l'enfer, Quant à la montagne le souffle d'Éole gèlera sa perfide noirceur. revenir au début
Hadès invite les dieux, les muses et les harpies A un dîner si fameux que les âmes damnées Rêvent d'y paraître. Calliope portera une robe mousseuse, ornée de perles fantaisies. Éole lui fit présent de senteurs des ténèbres. Perséphone reçoit les dieux sur les marches des ombres. Dans une salle tendue de soie pourpre, Se dresse une table garnie en grand nombre. Hadès siège sur un trône encerclé de démons nantis de fourches. Héphaïstos, magicien boiteux, enlace Aphrodite Qui, trompant la ferveur conjugale, sourit à Ares. Dionysos boit car il soigne son éternelle laryngite. Les harpies médisent, cruelles, de l'absurde univers. revenir au début
Calliope aperçoit Taranis, dieu gaulois, Attablé avec un vin des songes au nectar pervers. La muse dirigea ses feux sur lui, de sa démarche ondoya. Le dieu l'assied à sa droite, ses doigts dans sa chevelure errent... Les rires et les cris emplissent les ombres, Les satyres entament, de leurs voix avinées, Des chants sacrilèges où les vices se confondent. Les sirènes charment les démons, anges persécutés. Calliope se laisse désirer, cette nuit elle portera le deuil de Némésis. Taranis, aux manières éhontées, est un supplice pour l'Olympe raffiné, Mais il est dieu et sa puissance est révérée par les dieux de la pluie. La muse fut à lui, tandis qu'Éos, en hâte, se vêtait de rosée. revenir au début
Éole tint sa promesse à Calliope. Durant la nuit du sabbat de l'enfer, Le dieu rôda aux alentours de l'Hélicon déserté. La montagne, épuisée, s'assoupit, son haleine perça la terre. Le dieu du vent souffla durant trois jours et trois nuits. Les rochers, ébahis, dévalèrent les parois Et fondirent sur une plaine endormie. L'Hélicon, terrifié, chancelait sur ses pas. Les Érinyes dansaient en jetant l'anathème. La montagne parvint à passer un message à Hermès, Qui alarma Zeus de l'étrange phénomène. Lorsque parut le père de l'olympe, Éole feignit un malaise : " Mes poumons ont avalé les bruits de la nuit, Ai-je soufflé si fort que ton sommeil s'en est allé ? Zeus ne s'y trompa point, il fit venir à lui Némésis La déesse confessa sa passion répudiée. revenir au début
Magnanime, Zeus ne punit pas Némésis, La reine de la nuit s'enfuit celer sa honte. Éros, discret, suivit la divine dans son sacrifice, Ses larmes se mêlaient aux remous de l'onde. Némésis ferma les portes de la nuit, Ses yeux perçants fouillaient les songes, Afin d'y sonder les rites de la vie. Cronos, fébrile, défaisait les secondes Némésis se tint cachée cent jours et cent nuits. Elle réapparut majestueuse aux bras des ombres, Elle alluma les astres d'un sourire ambigu, Glissant sur les pavés célestes, miroir des tombes. A l'olympe les dieux surent le retour de Némésis, Chacun appréhendait sa vengeance inéluctable, N'était-elle pas déesse de la justice ? Dans un temps sans heure sera effroyable ! revenir au début
Taranis et Calliope, insouciants, sacrifiaient au rite d'Éros. La muse s'était éprise de sa vengeance, Dans sa candeur elle convoqua Phos, Afin d'éclaircir les mystères qui geignaient, Sourde transhumance. Phos était une alliée de Némésis, elle vint, Portée par une lumière blanche, fée aux yeux vitriols. Taranis se méfia, il flaira l'ignominie du destin. Le fiel que Phos déversait fut happé par le souffle d'Éole. Calliope comprit son erreur, elle vit s'éloigner la déesse blanche. Taranis parla : " Némésis et Phos sont des sorcières redoutables, Mes pouvoirs sont immenses et ma voix est la lumière des anges, Je renverserai les montagnes, les flots se rebelleront, Les temps deviendront exécrables. " revenir au début
Némésis filait une tunique en soie, Lorsque l'étoile sidérale la prévint De la visite inopinée du dieu tonnerre. La déesse, troublée, de son nuage se détacha. Taranis foudroya la maison de ses pairs Il s'assit sur une ombre et parla : " Dépose les armes, déesse de la nuit Ta jalousie morbide, tes soupirs, tes râles, Zeus t'ôtera ton trône, tu ne seras que poussière d'ennui ! " Le teint de Némésis bleuit, humiliée, " Je m'unirai à Calliope dans ma mythologie, Tu es l'ange noir qui détruit, maudite Psyché, Je te mets en garde, cesse tes ignominies " revenir au début
Taranis s'unit à la muse Calliope Dans le secret d'une forêt sombre, Ces bois divins celaient les amours éhontées. Hyménée survint, chevauchant le monstre, Le sphinx ailé, énigme insoluble. Éros ému, attesta qu'il ne faut point confondre L'amour et la passion, il endossa une chasuble. Arrivèrent Aiolos, roi des îles Éoliennes De son haleine mystique s'exhala un souffle pieux, Et la nymphe, Écho aux paroles sibyllines. Calliope épousa Taranis, bravant l'opprobre des dieux. Fin des amours de Calliope et de Taranis. revenir au début |
||||||||||||