Songes, arides paroles d'une nuit hébétée,
Chaleur sournoise qui éponge nos langueurs,
Ristourne d'un sommeil qui s'épuise à méditer,
Regard sur l'impossible, carnaval des heures.
Songes, devins téméraires osez m'enlacer !
Emportez-moi vers ces abîmes lunaires.
Je proclame ma dépendance, vos théories vont m'irradier,
Sur ces océans rêveurs posons un doigt inquisiteur.
Je vois des ombres s'approcher, m'aduler, pourquoi ?
Serais-je une prêtresse des temps hantés ?
Vêtue d'une aube vert orangée, la chevelure anchrée à mes pieds,
Au nom de notre déesse la LUNE, je guérissais.
Sous hypnose, je sommeillais et psalmodiais des prières,
Je me nommais NIAANA, maîtresse du soleil empereur des trois mondes.
Le ciel, la terre, la mer, divinités secondaires,
Se voilaient aux yeux du Seigneur ; moi, NIAANA , je glissai vers son ombre.
NIAANA
Le sommeil m'entraîne à nouveau vers des visions séculaires,
mon père HERTOPLITE et ma mère ZOOYA
sont issus du troisième monde : le ciel.
Cette naissance leur octroie des pouvoirs cosmiques.
J'ai grandi sur une planète nommée ZARUSTRE,
je fus consacrée prêtresse du soleil, dès ma naissance,
je gravis les dunes de sable, perdition des âmes maudites.
Les âmes damnées geignaient, se prostituaient, pathétique démence.
Le prêtre TIHANA, de sa voix feutrée, me dit de le suivre
dans une pièce au regard métallique. Debout,
je vis la beauté s'avancer vers moi, je sus être choisie.
La forme éthérée me nomma pythie des vieux tabous.
Les vieux tabous étaient une secte issue du temple lunaire.
Je guérirais les âmes blessées, je lirais l'avenir du temps fuyant,
nous nous verrions la nuit, protégées par les ombres.
--- Va à tes rites, prêtresse du soleil levant !
NIAANA ET LE SOLEIL LEVANT
NIAANA fut investie de ses pouvoirs dans le temple lunaire,
elle s'agenouilla devant la dame millénaire
et récita les cantiques païens écrits par le troisième monde.
Le soir, doucereux fit des avances aux ombres.
Une nuit, où la lune oublia ses rites, NIAANA devint la maîtresse de l'empereur.
Leur amour dure encore, le temps volubile le raconte aux heures.
NIAANA eut deux fils AZOOTA et LLEMNO.
Demi-dieux, ils dirigèrent les mondes inférieurs, envahis par les démons.
Les démons, chassés du cosmos se fixèrent sur la Terre.
Les humains, sots et pédants, furent les adorateurs des anges noirs.
Le mal fut si grand, que l'empereur déclencha un cataclysme.
Les glaciers fondirent, les eaux furent hautaines et inflexibles.
TERRE DES ANGES
Passèrent les ans, éconduits et hagards,
Le deuxième monde expiait sa faute
Et son ombre pleurait dans les cieux certains soirs.
NIAANA, promue impératrice lunaire, convoqua la lumière.
La lumière, entité célèbre, vêtue d'une robe translucide,
La chevelure blonde triée de bleu, présenta
Ses respects à l'impératrice, elles s'assirent sur des nuages roses.
"L'empereur a pris le parti de rendre la vie à la terre,
Votre appui essentiel nous est indispensable !"
La dame rayonnante dit "oui", elle savait
Les tourments de la terre, ses sanglots déstabilisaient le cosmos.
Niaana reprit "les eaux se retireront,
Nous enverrons deux anges, MNYSO et CERTIE,
Afin de procréer. Il vous faudra réchauffer le monde inférieur,
Le ciel et la mer secourront leur sœur épuisée."
Les anges, la lumière, le ciel, la mer insufflèrent la vie, chassant les ténèbres.