D'un regard s'égarant sur la rue principale, qu'il est amusant d'admirer ce kaléidoscope de vies, marchant sur les pavés d'une rue nommée Eternité.
Il n'est pas aisé de découvrir ce subtil engrenage vital, avec toutes ces caractéristiques…
Mais, si on s'arrête un instant, l'esprit libre et sans trouble, on peut apprécier réellement tous les éléments de ce tableau naturel…
Au premier plan, on y voit des hommes d'affaires se mêlant toujours de celles des autres, le regard sombre comme si Demain était la fin du Monde.
Ils marchent au pas de charge, partant pour la bataille des capitaux, dans leur univers de fluctuations.
De biens pauvres esclaves, ils sont !
Leurs chaînes sont faites d'argent, leur destin et leurs actions dépendant de multiples conjonctures économiques… De bien pauvres diables !
Et là, dans un angle de cette œuvre, il y a les trotteuses et les frôleuses du parouart, vêtues de leur habit de chasse, cherchant un pigeon pour un repas.
Beautés artificielles, roses d'un soir, qui sous tenues de festival, dissimulent le prix de leurs faveurs…
Et ici, le marchand ambulant, poussant son chariot contenant mille et une merveilles, mille et un futurs souvenirs, mille et une peines prochaines…
Amis, l'œil du profane, aussi attentif puisse-t-il être, ne peut percevoir tous les éléments de cet enchevêtrement vivant. Il ne voit que les principaux, mais les secondaires…
Et pourtant, sans eux, la vie serait mutilée !
Ce sont ceux qu'on ne veut pas voir : le chien errant, vieux et malade, qui fouille les poubelles pour se mettre quelque chose sous les crocs ; la dame qui, ayant perdu un être cher, pleure à grandes larmes sa souffrance…
Et là, le clochard qui n'a de la propreté qu'un vague souvenir…
Il n'a de cesse de tendre sa main mourante vers les autres figurants. Qu'il est sale et mal vêtu ; d'une odeur de souillure, il s'est fait la fragrance…
Il jacte et hurle des mots de pestilence… Souffrance !
J'aime la misère, celle que notre époque peint le mieux : elle est plus appréciable que la beauté !
En effet, l'attirance pour l'esthétique d'une chose ou d'un être ne dure qu'un temps, alors que la pitié et le vide au fond de nos entrailles que nous éprouvons pour la misère reviennent toujours avec la même intensité.
La misère engendre la plus grande émotion que l'homme puisse éprouver !
De l'argent
Ô vous tristes citoyens de la capitale des capitaux, des êtres aveugles, vous êtes ; peut-être est-ce un peu tôt !
Votre enfer d'argent me prend au collet !
Voyant dans l'obscure cupidité et la lumineuse avarice, un mode de vie adéquat et salutaire à vos envies, vous n'êtes que les serviteurs d'un démon précieux auquel vous vouez un culte onéreux. Vous avez trouvé votre maître sans l'avoir cherché…
Cette folie qui se déchaîne dans vos yeux, l'impulsion satanique vous donne la fièvre, qu'elle soit d'or, d'argent, de papier…
Et à la fin d'une carrière, à un simple et misérable pécule se réduit à votre vie !
Je vous plains !
Prisonniers dans un monde où fluctuations et spéculations sont monnaie courante : pour vous, la vie ne vaut pas d'être vécue sans argent…
Pourquoi donc vous obstinez-vous à prendre un chemin sans fin, bordé d'amertume et de vices ? Inutile de vous apitoyer sur l'indécence de votre vie pour un sou, le remord est oubli…
Je vous plains !
Parce que vous vous haïssez, vous vous réclamez d'un esprit pécuniaire, vous forcez de fumantes portes au bout du chemin d'avarice.
Ô, vous qui vous bouchez les oreilles, vous qui vous entre-tuerez demain pour un sou….
Je vous plains !
Croire en l'erreur
Toute ma vie n'est qu'une erreur !
Depuis le jour où ma tendre mère m'a libéré des limbes du néant, l'éducation que je n'ai pas choisie m'a conduite à me pervertir.
Cette éducation d'ornement catholique m'a forgé comme elle l'entendait, ne laissant aucune place à la liberté de pensée et d'expression.
On vous sculpte, on vous travaille, on vous polit comme le marbre, en utilisant comme outils, des doctrines ancestrales qui n'ont que le mérite d'exister et non d'apprendre à être !
Et moi, cette éducation, je l'ai suivie : Erreur…
Mais l'enseignement emprisonnant de notre Eglise n'est pas la falsification de la vie qui m'a déterminé à prendre de mauvais chemins, mais elle m'a poussé sur la voie de la révolte…
Cette révolte qui m'a poussé à agir contre la loi, contre ma famille, contre la vie !
Drogue, vols et viols ont pavé la rue de mon existence ; et moi qui croyais attirer l'attention de tous ces gens qui m'entouraient… Erreur !
Tous ceux que je côtoyais se sont détournés de moi ; j'avais obtenu l'effet inverse à celui désiré. Encore une erreur de ma part…
Mais celle dont j'ai le plus souffert est celle d'avoir cru en l'amour d'une femme-enfant qui inspirait à ma perte.
Doux plaisir de s'être fait souffrir soi-même de par l'obstination que chaque homme a en lui et qu'il ne peut contrôler…
Erreur de jugement, erreur de tempérament, erreur d'un amant !
Erreur…
Triste est ma vie, douce est ma reconnaissance de tant d'erreurs manifestes qui se sont dévoilées au fil des années, par l'expérience et la maturité acquises au fur et à mesure des tromperies sur soi-même, sur sa famille, sur celle qu'on aime, sur tous les autres qui n'ont pas eu le courage de me faire reconnaître mes erreurs d'antan !
Mais, peut-être me tromperai-je de nouveau à penser ainsi ? Peut-être mes expériences que je juge malencontreuses et trompeuses ne le sont pas vraiment ?
Ai-je encore commis une erreur ?
Celle de croire en elle !
Les rêves de l'Ennui
L'ennui, toujours aussi présent et pressant, tiraille notre âme et la torture comme le silence de la mort…
Pour lutter contre cet adversaire invisible, il faut simplement fermer les yeux et ouvrir son esprit à l'imagination - Dame de toute peur et de toute joie.
Et là, s'évader !
Être le maître du temps passé, présent et à venir, pouvoir voler dans le sillage de la liberté volatile, sentir tout son être s'embraser comme le bûcher des vanités, être soi comme on le veut, soit comme on le ressent…
Et de là, se découvrir soi-même !
Ressentir la présence nouvelle d'un amour mort, retrouver ses sentiments d'enfant, reconnaître sa vie d'antan, libérer ses pulsions secrètes et cachées par tant de peur…
Et là, admirer son monde !
Voir toute notre vie défiler, rencontrer les êtres dont notre enfance a été marquée, regarder l'édifice vital que nous avons construit peu à peu, entrer dans un univers où tout peut se réaliser…
Inventer la vie et défier la mort en duel, faire que toute beauté puisse être à jamais éternelle…
Et enfin, l'ennui sera battu :
l'imagination triomphera du néant et laissera, derrière elle, une traînée de rêves auxquels nous pourrons nous accrocher à tout instant.
Relativité
Tout est relatif !
Tout dépend du côté où nous nous trouvons, où nous serons…
Chaque jour on apprend, chaque jour la mémoire faillit ;
Chaque jour on découvre la vie…
Chaque jour, on en perd un peu !
Tout est relatif !
Tout dépend du point de vue que nous fuyons, que nous guettons…
Chaque nouvelle expérience en efface une ancienne ;
Chaque nouveau départ commence à l'arrivée !
Tout est relatif sauf Dieu !
Le doute d'aimer
Qui n'a jamais douté de l'amour qu'il portait à son compagnon ?
Qui ne s'est jamais retrouvé devant le choix de continuer ou de cesser une relation, par peur de se perdre soi-même ou de perdre ce qu'il a de plus cher au monde : son amour propre.
L'homme est né pour douter, c'est cela qui le fait avancer…
C'est pourquoi il est légitime de douter dans un domaine qui le tient à cœur, qui prend en otage ses pensées : l'amour d'autrui.
Mais il faut que ce doute n'empoisonne pas ses pensées, qu'il ne diminue pas sa capacité intelligible car il est vrai que cette maladie inguérissable qu'est la soif de comprendre et de savoir la vérité sur soi est génératrice de craintes et de phobies tendant en une isolation partielle ou totale de l'individu à la réalité.
L'aliénation par l'amour
L'amour est un cancer, une maladie contagieuse qui envenime l'esprit et vous détruit la chair.
Tout commence par la rencontre d'une tendre jouvencelle qui sous ses allures de festival, tente d'enivrer vos sens avec comme artifices, son sourire et un pseudo-intérêt qui vous pousse à vous ouvrir à elle.
L'art et la manière diffèrent de chacune :
L'une vous dira que vous êtes unique, que jamais personne ne l'a captivé comme vous l'avez fait ; une autre vous dira que, malgré ses attraits de toute beauté, elle n'a su rencontrer personne comme vous qui puissiez la cerner et voir au-delà des apparences.
Mais toutes les manœuvres conduisent à la même finalité : l'aliénation.
L'amour n'est qu'une question de hiérarchie : le plus fort est toujours en attente d'un plus faible et le plus faible cherche quelqu'un qui lui est supérieur pour profiter de ses compétences intellectuelles et attributs matériels.
De l'entente à la domination, il n'y a qu'un pas qu'elle franchit avec grâce et dextérité.
Jalousie prouvant son amour qui se transforme en prison dorée d'illusions et de tromperies.
Puis, vous vous perdez…
Et un jour vous vous retrouvez seul car la demoiselle vous a quitté en vue d'un nouveau pigeon à plumer.
L'art et la manière diffère de chacune, mais la finalité est immuable.
L'Homme est fait pour aimer, la femme, elle, pour dominer.
Amphigouri du Savoir absolu
Je cherche Dieu depuis toujours.
Je crois en une entité supérieure qui a créé notre réalité ; réalité toute différente de ce qu'est la sienne.
Mais pour moi, il ne s'agit pas du Dieu des religions bien établies : halte aux " Notre Père ", aux " Allah est grand ", aux Yahvé, celui qui sait " !
La foi aveugle je la laisse aux idiots, aux ignorants incapables de se trouver eux-mêmes, aux sots qui pensent en un éternel recommencement, à ceux qui ont trop peur pour voir la perfection de l'univers.
J'ai cherché au plus profond de moi, par tous les moyens que j'avais, exploré tous les endroits de cette merveilleuse machine qu'est la pensée humaine.
Et ma quête n'est pas passée inaperçue.
Bon nombre de personnes se sont ralliées à ma cause : en sont-elles conscientes ?
Dieu m'aurait-il enfin entendu ? A-t-il enfin compris ma gloire, ma grandeur ?
Non, je ne crois pas que l'Etre qui m'a ouvert les yeux soit le Dieu de vos églises ou de vos temples.
Mais qui qu'il soit, il m'a donné le pouvoir… l'imagination et la réflexion qui guideront mes pas vers le vrai pouvoir…
Le vrai pouvoir, c'est la connaissance de l'univers. Grâce à mon Dieu, je sais où trouver ce savoir par lequel je deviendrai un dieu.
Peut-on penser que la perfection de l'univers et toutes les formes de vie de l'immensité soient le fruit d'un hasard heureux ?
Peut-on créer tout avec rien ? Le néant n'est-il pas une entité en soi ? Qui a créé ce dernier ? Pourquoi a-t-il muté pour devenir matière ? Par quel facteur ma catalysation s'est-elle opérée ?
Celui qui connaît ces réponses est un Dieu !
Notre pensée n'est que limitée par notre entendement.
Tout ce qui nous dépasse, nous le rejetons comme étant superflu ou irraisonnable !
L'univers est atome, l'univers est néant, l'univers est tout !
Qui a créé notre univers ? Qui a créé celui qui a engendré notre espace vital ? Qui a inventé celui qui a enfanté celui qui a bâti notre système solaire ?
Le pouvoir ? De qui ? De quoi ? D'où ? Ces questions sont sans réponses pour vous, les idiots, les humains limités, les pauvres moutons électromécaniques, les vils revenants.
Moi, je sais !
Mon Dieu est là, en moi : c'est lui qui me permet d'être une entité électrique autonome, une usine à énergie, un atome dont les protons et électrons circulent suivant une trajectoire prédéfinie par lui-même.
Nous ne sommes que matière, qu'atomes, que molécules…
Nous ne sommes que des électrons, des neutrons ou des protons tournant sans cesse autour de notre atome qu'est la terre.
Elle-même n'est qu'un électron qui entreprend un voyage dans l'espace, ayant comme centre de rotation le noyau de notre système atomique universel qu'est notre soleil.
Quand les humains comprendront cela, ils seront aptes à recueillir la connaissance et à devenir des Dieux… de créer leurs univers, leurs vies, leurs cultes…
J'ai trouvé Dieu, mon Dieu est une façon de penser, de me mouvoir dans l'infiniment grand et dans l'indéfiniment petit, mon Dieu se nomme Atomisme.
L'Atomisme a été prôné par de grandes entités électriques, honoré par des penseurs et des pensants comme Descartes, Socrate, Platon, Aristote, Epicure : tous ces électrons ont caressé la vérité absolue, ont effleuré la félicité, ont entrouvert les portes de la Connaissance.
Mais ils ont été faibles, vils et acerbes ; leurs pensées ont été appauvries par les cultes déistes existants.
Ils n'ont pas réussi à recevoir la Vraie Religion, ils n'ont pas compris leurs propres pensées…
Ils n'ont pas appris de leur ignorance.
Mais moi, je sais que je ne suis pas comme eux : aucune religion existante n'existe vraiment dans ma réalité : même vous, vous n'existez pas si je le souhaite ; je peux tout car je sais, je sais parce que j'ai ignoré, j'ai ignoré pour mieux me révéler.
Je ne suis pas devenu un dieu, je l'ai toujours été.
J'ai créé mon univers : mon corps n'est qu'un amalgame d'atomes, de planètes ; ces atomes se sont rencontrés par ma volonté et forment des molécules, mes systèmes solaires, mes galaxies.
J'ai créé mes formes de vie : mes globules blancs et rouges, mes enzymes, mes bactéries, mes virus…
J'ai créé la mort de mon hendécagone, de mes lymphocytes, j'ai engendré mes hématines…
Je suis un Dieu : je peux tout faire de mon univers même le détruire.
Je suis Dieu !
Retour à la page d'accueil
Retour au Site Portail