Philippe FONTAINE, dans un second ouvrage, vient compléter l'histoire réellement extraordinaire qu'il a ébauchée dans le précédent. Bien que ma rationalité de technicien m'éloigne instinctivement de ces récits évoquant une vie après la mort, je teins à dire deux choses :
-- Je crois à la sincérité de Philippe FONTAINE.
-- Ce second récit, mérite, encore davantage que le premier, d'être lu.
Paul MOMBELLI
Tout le monde a un jour rêvé d'une chose merveilleuse et s'est réveillé un matin plein de joie dans les yeux et le cœur. Chaque image de ce rêve reste en nous et se perd avec le temps dans l'éternité. Mais avez-vous rêvé un jour d'une chose qui vous a donné un but dans la vie au point d'en oublier tout le reste. Chaque rêve a une explication logique. Les miens restent encore inexpliqués.
Philippe FONTAINE
AVANT-PROPOS
J'ai souvent pensé à la folie, cru que je fabulais. Toutes ces histoires que je racontais autour de moi semblaient sortir d'un conte de fée et bien souvent je passais pour un marginal, voire à une personne qui débordait d'imagination. Mais aujourd'hui où est la réalité et où est la fiction ? Est-ce que je vis avec la fiction ou tout simplement une réalité qui me fait peur. Dans cet ouvrage, vous trouverez un rêve qui m'a troublé au plus profond de moi et qui aujourd'hui m'a permis de choisir mon destin et de réaliser que le rêve devient parfois réalité.
Après mon premier ouvrage " Ange ou démon ", je me suis demandé si cela valait le coup de continuer à écrire tout ce que je percevais et ressentais. Je me suis dit que personne ne comprendrait ce que je raconte et que l'on me regarderait différemment. Mais j'écris pour mon grand-père et même si cela m'amène de la souffrance par la suite, je continue mon récit pour laisser une trace d'une réalité un peu difficile à comprendre et à interpréter. Aujourd'hui, encore, je me demande si ce n'est pas mon cerveau qui m'envoie ces images, ces sons qui me font mal au plus profond de moi. Cela a changé ma vision de la vie. Je n'ai plus peur de la mort, ni de la souffrance, car je sais que derrière une porte s'ouvre vers un monde parallèle où rien n'est comme on peut l'imaginer. Mais au plus profond de moi, je me souviens d'un rêve qui hante encore mon moi intérieur.
Mais était-ce un rêve ? Avec tout ce que j'ai pu vivre ou avoir comme émotions, bien des spécialistes des rêves diront qu'il y a une explication à ce que je vis. Mais comment expliquer que, ce que je vis actuellement, je l'ai vécu en rêve. Je me définis comme une personne tout à fait comme tout le monde, sans don ni de particularité d'aucune sorte, juste moi ! Au cours de ce récit, vous découvrirez peut-être une explication que vous seul jugerez et donnerez un avis rationnel. Pour ceux qui penseront que j'ai un don, je leur dirais que je ne l'ai pas depuis mon enfance, mais depuis la mort de mon grand-père, qui a déclenché une liaison avec moi dans mon subconscient et que cela m'a travaillé au point d'en avoir des cauchemars, mais je sais que je ne suis ni un fabulateur ni un simple d'esprit. Je raconte simplement ce que je perçois et je remercie ceux qui m'adressent ces messages de me donner la force de les écrire tout en gardant leur authenticité. Merci à eux.
CHAPITRE I
Ces images venues de loin…
Depuis la mort de mon grand-père, je n'ai cessé de penser à lui. Cela était au plus profond de moi, mais le temps efface certains souvenirs et, après, on ne se rappelle plus que d'un visage, d'une expression qu'on a attendue et qui nous a marqué. Pour moi c'était son approche de la vie qui m'avait marqué. C'était un homme bon, honnête et généreux avec les autres. Je n'étais pas tout cela. J'étais très égoïste de ma personne et ne disais jamais ce que je pensais. Je gardais tout pour moi et puis il m'a fait changer. Il m'a fait voir la vie autrement et m'a fait découvrir ce que signifiait le mot humanité. Car bien des personnes en ont perdu le sens et se fichent de la détresse humaine, de la misère, de la souffrance, de toutes ces choses qui font une vie. Un jour, où je vivais encore chez mes parents et alors qu'il était toujours de ce monde, il m'a dit une parole qui m'est restée gravée et qui aujourd'hui m'a fait découvrir le sens de la vie. Il m'a juste dit ces mots :
--- Ouvre-toi vers les autres ".
À l'époque, c'était pour moi du chinois, mais aujourd'hui j'en ai enfin compris le sens.
À l'époque, j'étais séparé et avais entamé une procédure de divorce. Je n'étais vraiment pas bien dans ma tête ni dans ma peau. J'avais la sensation de ne plus exister, de n'être plus bon à rien et que la vie m'avait abandonné. Je traînais ma carcasse par-ci, par-là, et commençais à sombrer dans le mélodrame, voire dans l'alcool. Je me suis vu me coucher à quatre heures du matin avec de sacrées doses de whisky dans le cornet, pour reprendre le boulot quelques heures après. Je partais vraiment sur une route qui n'était pas la mienne. J'avais sans doute perdu toute identité et je n'étais que le reflet de ma déchéance. Et puis, un déclic se produisit lorsqu'une nuit je fis ce rêve qui me marqua très fort et qui le lendemain me fit prendre conscience qu'il y avait pire, dans la vie, que mes états d'âme.
Voilà la description de ce rêve :
Je marchais seul sur le bord d'une route pendant des heures, sans but. Puis, au bout de la route, je rencontrais une femme. Elle était médecin. Elle m'interpella en me disant ceci :
--- Toi, es-tu sûr d'avoir compris le sens des mots humanité ?
Je ne répondis pas. Elle continua.
--- Donne-toi aux autres et tu enrichiras ton intérieur, tu seras plus fort et n'auras plus besoin que l'on te dise merci. Un regard, un sourire t'apporteront davantage.
À cet instant, je me tournais vers elle, la regardais dans les yeux et vis ce que j'étais devenu : une vraie loque, enfin je le pensais fortement. Je lui demandais ce que je devais faire pour donner de mon humanité. Elle me répondit que l'humanité n'est pas une friandise ou un mouchoir, que l'on donne et que l'on jette ensuite, mais, qu'au contraire, l'humanité doit sortir de l'intérieur. À ces mots, elle se retourna et pointa son doigt vers une personne qui était allongée sur des cartons et qui semblait avoir froid. Je ne comprenais pas bien ce qu'elle voulait me faire comprendre, alors j'allais vers cette personne. Elle sentait très mauvais et ses habits étaient en lambeaux. En fait, il s'agissait d'un clochard. En me regardant, celui-ci eut un sourire, puis me demanda si je n'avais pas quelque chose de chaud. Moi, l'égoïste, qu'allais-je lui donner ? Rien ! Et bien non, je ne sais pas ce qui se passa, mais je lui donnais mon pull, sans rien lui dire, puis repartis. Quand je me retournais, il avait disparu pour laisser place à un livre. Très surpris, je retournais sur mes pas pour aller voir ce livre. Je le pris et, à ma grande surprise, il parlait de l'humanité, des gens qui donnaient de leur temps aux autres sans compter et sans rien demander en retour. Ces phrases-là m'ont touché au point que mon rêve s'acheva à ce moment-là !
Quand je me suis réveillé, j'étais en nage, mais je me souvenais vaguement de mon rêve. Un rêve comme un autre, vous me direz. C'est ce que je pensais aussi, jusqu'au jour où ce rêve devint réalité.
Cela se passa le 15 décembre 2000, date à laquelle, je ne sais pourquoi, je me rendis à Paris au centre des bénévoles de la soupe populaire et des restos du cœur. Une pulsion me poussait à le faire. La personne, qui se trouvait à l'accueil, me dirigea vers un homme qui coordonnait toutes les activités auxquelles peuvent participer des bénévoles. Il me demanda pourquoi je voulais donner de mon temps à des personnes en difficulté. Je n'en savais rien, mais lui répondis que c'était une expérience à faire et que je devais la faire. Il me donna donc la date à laquelle ma personne serait nécessaire pour aider. Ce fut la date du 24 décembre 2000, veille de Noël. J'étais seul, cela ne me posait aucune difficulté. J'acceptais sans problème.
Le 24 décembre au matin, je me rendis au centre des restos du cœur pour aider à préparer les repas du réveillon. La personne qui m'avait reçu le 15 décembre se trouvait là et vint vers moi. Il me demanda si je pouvais, ce soir-là, donner à manger près du pont d'Austerlitz à Paris en compagnie d'un médecin et d'un ancien clochard qui donnent de leur temps aux autres. Je lui répondis oui sans hésiter. Il me dit que cela se fera à bord d'un trafic Renault et qu'ils passeront me prendre au centre à 18 heures 30. Je lui répondis que je finirai de préparer les repas et que je repartais chez moi en attendant le soir.
Il était 18 heures 20, j'attendais le trafic devant le centre des restos du cœur. Quand je le vis arriver, j'étais content car dehors il faisait froid et je commençais à me glacer le sang quand il s'arrêta à ma hauteur. Les deux personnes qui descendirent vinrent à ma rencontre.
Quelle surprise j'ai eue, cela me fit frémir de tout mon cœur. Cette femme était médecin de la croix rouge et ressemblait étrangement au médecin de mon rêve et puis cet homme, incroyable, mais il portait le pull que je lui avais donné dans mon rêve. J'étais complètement perdu lorsque, ensemble, ils me dirent :
--- On se connaît ?
Je leur dis que non et me ils répondirent qu'ils croyaient, car je ne leur étais pas inconnu. Cela me troublait au plus profond de moi. Comment avais-je pu connaître ces personnes en rêve. C'était n'importe quoi, sûrement une coïncidence, mais lorsque je montais dans le trafic, il y avait un livre sur le tableau de bord, dont le titre était " Une terre d'humanité ".
L'ancien clochard s'appelait Serge. Il me raconta sa vie, son parcours dans la cloche et me cita un passage de sa vie qui l'avait marqué et qu'il gardait encore présent. Voilà ce passage incroyable, mais vrai ! Cela faisait cinq années qu'il était dans le monde de la cloche et cette année 1996, il faisait très froid. Dormir sur des cartons était pour lui la routine. Mais, ce soir-là, comme il dit, je m'en rappelle encore.
--- J'étais blotti contre de vieux journaux, mes vêtements laissaient passer le froid quand un jeune homme s'arrêta près de moi, me regarda longtemps dans les yeux, puis me donna, sans rien dire, son pull et repartit. Ce pull, je le garde constamment, car c'était la première fois qu'on me donnait quelque chose.
Je lui demandais s'il lui avait demandé son nom.
--- J'ai juste demandé son prénom.
--- Et alors ?
Il me répondit ;
--- Noël.
Alors j'ai eu la chair de poule, car mon second prénom est Noël. Comment mon rêve pouvait-il se superposer avec la réalité ? Je me disais encore : coïncidence, mais quand il me dit qu'il avait le même regard que moi, je ne savais plus quoi dire.
--- Et ce livre ? Lui dis-je ?
--- Ce livre tomba de sa poche en partant et il me suit partout maintenant. Je peux dire qu'il m'a donné le déclic pour quitter ce monde de la cloche et j'aimerais un jour le retrouver, mais cela est impossible.
--- Pourquoi ?
--- Parce que je crois que j'avais trop bu et que j'ai déliré.
--- Mais ce pull ?
--- Oui, ce pull est la seule chose qui me fait penser que je n'avais pas rêvé.
Longtemps après j'ai repensé à tout cela et me suis dit : qui peut savoir ce qu'un rêve peut apporter ?
On explique plus ou moins les rêves, mais la réalité est beaucoup plus complexe à expliquer. D'ailleurs je me souviens d'un rêve, que j'aie fait en février 1998, dans lequel je me voyais en train de divorcer. Chose étonnante car en 1999, j'étais séparé et mon divorce était prononcé en 2000. Je pense que déjà je ressentais un mal-être et cela me poursuivait jusque dans mes rêves.
Bien que je perçusse toutes ces images dans ma tête, je restais lucide. Je savais, qu'à un moment ou un autre, tout cela cesserait définitivement ou alors me poursuivrait tout au long de ma vie. Ceux qui ont côtoyé mon quotidien ont appris, à leurs dépens, que ce n'est pas facile d'entretenir une relation avec un homme qui perçoit des choses et qui en informe les personnes qui lui sont proches. Au début, on en rigole, après cela fait peur et énerve. Ensuite, on ne me regarde plus de la même façon et cela m'affecte bien souvent au plus profond de moi. J'ai essayé de me convaincre que je me faisais des films et que, en raison de mon état de santé, mon psychisme avait dû en prendre un coup. Mais la réalité est là et on ne peut l'ignorer. En l'avouant, cela me fait parfois même peur. Vous me direz peur de quoi ? Hé bien peur de voir que mes proches disparaissent et que je ne peux rien faire pour empêcher le destin. Quoi que j'ai déjà repoussé le destin. Comment me direz-vous ? Hé bien en faisant appel à mon grand-père. Oui je sais c'est sûrement de la folie. Ou juste une coïncidence. Moi, je dirais peut-être que j'ai eu de la chance.
Cela s'est passé en novembre 1998. J'étais à l'époque à Corcy, une jolie région de l'Aisne, dans un beau pavillon que j'avais acquis en 1996. Ce pavillon surplombait la vallée de l'Aisne. L'endroit était très beau et ressemblait beaucoup à un coin d'Ardèche, pour ceux qui connaissent l'Ardèche. Je m'occupais beaucoup de mon terrain et aimais y planter rosiers, jacinthes,… En quelques mois tout avait changé et beaucoup de voisins m'adressaient des compliments à chaque fois qu'ils passaient devant la maison. En face de notre maison, il y avait une autre maison, un couple, avec quatre enfants, venait d'y emménager. Après quelques mois, nous avions sympathisé et étions devenus amis. Nous nous rendions services sur services et cela renforçait notre amitié. Tout était normal, jusqu'au jour où Jean-Luc, c'était son prénom, fit l'acquisition d'une moto, une 750 VTR, pour ceux qui connaissent la moto. Cela est déjà un bel engin pour avoir de grandes sensations. Lorsqu'il l'eut, il m'appela pour venir la voir. Moi aussi j'étais passionné par les motos et d'en voir une, en réalité, était pour moi super. J'allais donc la voir.
En la regardant, j'eus une image qui vint dans ma tête. Cela me troubla, mais je fis comme si de rien n'était. Il me demanda de m'asseoir dessus, ce que je fis. Mais quand je me suis assis dessus et que je mis mes mains sur les poignets, je ressentis une grande douleur dans la poitrine. Je ne laissais rien paraître, mais cela me choqua. Je me demandais encore ce que cela pouvait vouloir dire. Je ne suis, ni voyant, ni médium, alors je me posais quelques questions.
Après quelques apéros, je me sentais un peu mieux, mais j'avais toujours cette horrible douleur, dans la poitrine, qui me faisait souffrir. En rentrant à la maison, je pris des anti-inflammatoires pour faire arrêter cette douleur.
Au cours de la nuit, je me suis réveillé. Il devait être quatre heures du matin. J'avais très soif. Je me rendis dans la cuisine et au moment où je prenais un verre dans le placard, des images sont venues par saccades dans ma tête. Ces images me montraient une petite fille coincée sous une moto. Elle criait si fort, que j'entendais ses cris. Je croyais que je faisais un cauchemar, mais non, je ne rêvais pas, j'étais bien réveillé. C'était bien la première fois que je percevais des images en étant réveillé. Je pouvais distinguer cette petite fille sous cette moto et je reconnus celle que Jean-Luc avait achetée. Pour moi mon subconscient me jouait sûrement des tours. Je pris un verre d'eau, accompagné d'un cachet pour le crâne, avant de me recoucher. C'est à ce moment-là, au moment où je fermais les yeux, que je me retrouvais seul dans une immense pièce sans fenêtre. Je regardais partout autour de moi pour apercevoir une chose, un objet, mais rien. Soudain je sentis derrière moi une présence, je me retournais rapidement, afin de ne pas louper cette présence. Quelle surprise, mon grand-père ! D'où il sortait ? Cela je ne le sais pas, mais il était là. Il me regardait de haut en bas, sans rien dire. Moi j'étais stupéfait. Quel rêve encore devais-je faire ? Soudain il me dit :
--- Tu as ressenti une émotion en regardant cette moto.
--- Oui je crois. Il s'est passé quelque chose de terrible avec cette moto ? Dis-moi quoi.
--- Il y a deux ans, cette moto est tombée sur une petite fille de quatre ans et cela lui a perforé un poumon. Elle a failli mourir. Je restais sans ne rien dire, car que pouvais-je dire, je ne savais même pas, moi-même, si ce que je ressentais était réel ou tout simplement le fruit de mon imagination.
Je me réveillais le lendemain matin et j'étais vraiment très préoccupé par cette moto. Je continuais à faire comme d'habitude, sans me préoccuper de cette histoire, mais cela me préoccupait quand même sérieusement. Dehors, il faisait beau, j'en profitais pour tondre mon gazon et faire l'entretien habituel d'une maison. Quand j'aperçus Jean-Luc qui astiquait sa bécane. Je lui dis en rigolant :
--- Attention, elle va rouiller à force.
Il me dit :
--- Oui, ça c'est sûr.
Nous commençâmes alors une conversation. Je lui demandais où il l'avait achetée. Il me dit qu'il l'avait achetée à un particulier qui était pressé de s'en débarrasser.
--- Pourquoi ? Lui demandais-je.
--- Oh, il m'a dit que sa femme ne voulait plus la voir, car elle avait failli tuer leur petite fille.
--- Ah, bon, lui répondis-je.
--- Hé oui, la moto lui est tombée dessus.
--- Comment ça ?
--- D'après ce qu'il m'a dit, sa petite fille faisait du vélo et est tombée sur la moto, qui a dû se déséquilibrer et lui est tombée dessus. La gamine est restée cinq mois à l'hôpital, c'est pourquoi il l'a vendue et d'où le prix intéressant.
--- Pourquoi t'a-t-il dit tout ça ?
--- Parce qu'en la regardant, j'ai vu un éclat sur le carter. Et quand tu achètes une voiture, tu regardes partout.
--- Merde alors, lui dis-je. En même temps je me souvenais de ce rêve et des sensations que j'avais eus sur la moto. C'était presque irréel que je ressente un tel événement, surtout en dormant. Cet événement s'est produit dans un rêve. Comment avais-je pu assister à cela ? Je me le demande encore.
C'était dimanche ce jour là. Il ne faisait pas très beau, mais, Béatrice, ma compagne de l'époque, voulait aller en Normandie avec sa mère. Sa mère Colette était très pieuse, puisque ancienne bonne sœur. À l'époque, ses frères et sœurs, ainsi que ses parents l'avaient dissuadée de présenter ses vœux. Depuis elle s'efforçait d'aller en pèlerinage, Lourdes, Dozulé, la Yougoslavie, Saint Domiano en Italie.
Elles décidèrent d'aller à Dozulé, il paraît que le Christ était venu y voir une personne et que celle-ci lui avait érigé une grande croix et un sanctuaire à son effigie. Pas très enchanté de devoir y aller, car, à cette époque, j'étais plutôt athée. Et surtout, à force d'entendre parler du bon Dieu cela m'agaçait un peu à chaque fois. Mais pour Béatrice, je décidais d'y aller : c'était sa mère !
Nous prîmes la route. Il y avait au moins 400 kilomètres de l'endroit où nous étions jusqu'à Dozulé. Nous y arrivâmes en fin de matinée. Nous allions manger au restaurant avant d'aller voir le soi-disant sanctuaire.
J'avais l'impression de connaître cette partie de la Normandie, du moins c'est ce que je ressentais. Tout le monde a un jour ressenti ça, de connaître un lieu sans jamais n'y avoir mis les pieds. Pour moi, c'était ça. Après le restaurant, nous allâmes sur ce sanctuaire. L'effigie du Christ était partout. Beaucoup de personnes étaient là. Béatrice avait pris le caméscope pour filmer le sanctuaire et faire une cassette pour sa mère. Elle commença à filmer. Moi, je regardais ces gens qui montraient une grande dévotion devant une croix. Je trouvais ça idiot, mais je respectais ces gens. Une statue de la vierge avait été érigée pour permettre aux visiteurs de s'y recueillir. Ma belle-mère me dit d'y aller, car cela me ferait le plus grand bien. Je l'écoutais d'une oreille. Moi, aller me recueillir, elle rêve ! Béatrice y alla. Elle filma tout sur le sanctuaire. J'ai même vu des gens à genou, faire le parcours du chemin de croix, qui était là, pour se rendre jusqu'à la croix. Ils me faisaient pitié, mais bon à chacun ses convictions. Ce n'étaient pas les miennes. Et quand on ne croit pas, c'est difficile de faire comme tout le monde. Alors je fis le tour du sanctuaire en regardant, de-ci, de là, les gens se recueillir.
Soudain, une personne s'approcha de moi. C'était une vieille dame. Elle me regarda et me dit :
--- Agenouille-toi devant la dame !
--- Pardon ? Lui répondis-je.
--- Agenouille-toi et confesse tes pêchés.
Des pêchés ? Qu'est-ce qu'elle me raconte ? Elle divague la vieille ! Elle me regarda encore et me dit :
--- Tu ne crois en rien. Pourtant tu vois des choses. Comment peux-tu lui faire ça ?
Lui faire quoi ? Elle débloque la vieille !
--- Un jour tu verras, tu seras à ses pieds.
--- C'est ça, lui répondis-je. Je voyais ma belle-mère qui me prenait en photo. Je me dis chouette avec une vieille, ça va être marrant. Béa aussi filmait. Le comble. Moi en grande discussion avec une vieille dame, super ! À ces mots, je lui dis :
--- Je vous laisse à vos occupations, moi je sors de ce sanctuaire. Je commence à saturer.
J'ai attendu encore au moins une heure avant que ma belle-mère et sa fille reviennent. En revenant, je leur demandais si, quand elles m'ont filmé et pris en photos, si elles m'avaient pris avec la vieille dame qui m'a demandé de m'agenouiller.
--- Quelle vieille dame me répondirent-elles ?
--- Celle qui voulait que je m'agenouille devant la statue.
--- Écoute, Philippe, tu délires complètement, il n'y avait personne. Je t'ai juste filmé quand tu étais devant la statue et il n'y avait personne d'autre avec toi.
--- C'est ça prend moi pour un menteur !
--- Non il n'y avait personne, juste un groupe d'anglais, mais pas de vieille dame.
--- C'est ça, prend moi pour un demeuré, tu veux me faire passer pour un fou.
--- Je n'ai pas dit ça, mais je t'assure qu'il n'y avait personne. Bon tu verras sur le film et les photos.
--- Oui on verra ce soir.
Cela me chagrina beaucoup au point de leur demander de venir avec moi pour leur montrer cette vieille dame. Nous faisions le tour du sanctuaire et évidemment personne. Je passais pour un abruti, ça c'est sûr. Mais elles seront surprises quand elles verront la vidéo ce soir. Sur la route du retour, j'étais très pensif, mais j'étais sûr de moi. Cette vieille dame, avec son châle noir, qui me demandait de m'agenouiller, était bien là. Cela c'était réel enfin, merde !
Après avoir mangé, nous regardâmes la vidéo que Béatrice avait filmé. On voyait des gens se recueillir, faire le chemin de croix à genoux. Et lorsque l'on arrivait au passage où elle me filmait, personne, juste un rayon de soleil qui éblouit la caméra. Cela me fit froid dans le dos. Pour me sauver la face, je lui dis qu'elle a dû filmer quand elle est partie.
--- Non me répondit elle je t'ai filmé du début à la fin.
Je n'insistais pas et restais avec la grande conviction que j'avais bien parlé à une vieille dame. Je n'étais pas dans un état second. Je n'avais pas fumé de joints, ni bu quoique ce soit et étais tout à fait rationnel à cette époque. Ce que je sais, c'est qu'elle m'avait bien parlé. Elles n'avaient pas dû la voir, c'est tout. La seule chose qui me faisait douter, c'est que Béatrice avait filmé et que ma belle-mère m'avait pris en photo !
Deux semaines plus tard, ma belle-mère me faisait parvenir la photo. Personne juste moi avec un rayon de soleil. Qu'était-ce cette drôlerie ? Je me le suis demandé longtemps jusqu'à ce que mon grand-père me donne les réponses à mes questions, mais ça, je vous le raconterais plus tard.
Quelques mois plus tard, après cet événement qui était oublié pour moi, ma belle-mère nous a fait l'agréable surprise de nous payer la place pour un pèlerinage à Saint Domiano en Italie, dans le Nord. Je dis à Béatrice que je n'irais pas, que je ne suis pas un cureton. Nous nous disputâmes, puis, après quelques jours, j'acceptais quand même, mais avec des réserves.
C'était l'hiver, il faisait très froid. Nous nous étions rendus à Tours, chez ma belle-mère, pour partir le soir en car pour l'Italie. Il était 19 heures 30, nous attendions le car près de la gare de Tours. Ma belle-mère avait emmené ses instruments chapelet, missel, bible, etc.… J'en rigolais intérieurement, mais je respectais. Je comprenais pourquoi sa fille avait une éducation très chrétienne, mais pour vous dire, c'est parfois les pires. Quand le car arriva, je me mis à rigoler. Une statue de la vierge illuminée était sur le tableau de bord. Si mes collègues me voyaient, la honte. Nous montâmes à l'intérieur, les gens chantaient des cantiques. Cela allait promettre. Tout le voyage comme ça, dingue ! Heureusement, j'avais emmené mon walkman avec moi. Je le mis pour écouter de la musique un peu mieux à mon goût. Le voyage se passa péniblement car, après avoir écouté ma musique, je retombais dans ces cantiques. Quand l'hôtesse, qui accompagnait le groupe, annonça que nous allions nous arrêter quelques minutes afin de mettre le car en position couchettes. Je me suis dit sauvé, on va pouvoir dormir et je ne vais plus entendre tout ça.
Je me trompais. Lorsque l'on remonta dans le car, l'hôtesse annonça que nous allions réciter deux chapelets complets avant de s'endormir. Super, me dis-je, moi, je dors. Je m'endormis avec ces prières dans ma tête. Je commençais à les connaître par cœur. Je m'endormis. À 5h du matin, on me réveilla pour faire le début des prières. Je grognais en disant :
--- Oh, je dors, on verra cela vers 10 heures.
Mais quand 45 personnes se mettent à réciter c'est dur de se rendormir. Je repris mon walkman et me rendormis au son de Phil Collins. Je me réveillais vers 9 heures, car le car s'arrêta pour changer de chauffeur et prendre le petit-déjeuner.
Ouais, la meilleure chose de la journée, un bon chocolat chaud. On était déjà en Italie. Il faisait très froid et le chocolat que nous avions pris nous réchauffa tous. En remontant dans le car, c'était reparti, chants, prières, etc. Il restait encore une centaine de kilomètres avant de rejoindre Saint Domiano. Nous nous arrêtâmes à l'église située à 200 mètres du site du pèlerinage. L'église était tellement pleine que nous fûmes obligés d'assister à l'office dehors, ça caillait ! J'avais froid et j'en avais marre. Cela faisait rigoler Béatrice, mais moi je ne rigolais pas, cela m'énervait et j'étais désagréable.
L'office s'acheva. Tout le monde était convié à une soupe familiale, super ! Nous passâmes tous à table, la soupe n'était pas terrible, mais elle était chaude. Un pépé se trouvait en face de moi et me regardait. Il me dit :
--- C'est bien que des jeunes viennent voir Notre Dame.
Je lui réponds que j'accompagne simplement. Il me dit :
--- Oui, mais tu verras, tu seras touché par sa grâce.
C'est ça, pauvre con, pensais-je dans ma tête. Et dire que j'en avais pour trois jours. Je croyais que j'allais craquer.
Après cette soupe familiale, nous rejoignîmes le sanctuaire de la Rose, comme ils l'appellent. C'est vrai qu'il y a des roses partout et une grande statue de la vierge d'au moins 2 mètres 50 de hauteur, entourée de barrières hautes comme les grilles du jardin du Luxembourg. C'était la folie, il y avait au moins des milliers de personnes. C'est dingue ça ! Tout ce monde pour voir une statue, génial ! Avec ma belle-mère nous nous frayâmes un passage pour aller en face de la statue.
Tout le monde était à genoux et priait. Béatrice et sa mère s'agenouillèrent. Moi, je restais debout. Quand une vieille dame italienne me lança un regard méchant et me parla dans une langue que je ne connais pas, un charabia pour moi. Une personne à côté de moi me dit que c'était de l'italien et qu'elle me disait de m'agenouiller. Je fis comme si je n'ai rien entendu mais elle continuait. Je l'ignorais, puis repartis seul au car, car j'en avais vraiment marre de cette mascarade. De retour Béatrice et sa mère m'informèrent qu'il y avait une prière à 23 heures, ce soir. Je leur dis :
--- C'est bien, couvrez-vous si vous ne voulez pas attraper froid.
--- Mais tu viens avec nous, dirent-elles d'un ton très insistant. Je leur dis que j'y étais tout à l'heure et qu'une personne à côté de moi voyait la vierge en réel. Je leur dis que le froid avait dû lui taper sur le ciboulot. Moi, je n'avais rien vu qu'une statue. Et qu'il n'y a rien d'autre à voir qu'une statue. Et ces gens complètement en transe croient qu'elle est réelle.
--- Ne dis pas ça. Respecte ces gens.
--- Je les respecte alors je préfère rester là.
--- Non viens, s'il te plait, pour nous.
Il fallait vraiment que j'aime à cette époque pour subir cela. Je dis oui, mais avant je me reposais, car j'étais fatigué par ce bain de foule.
Il était 23 heures, Béa vint me chercher, tout était illuminé de bougies. C'était très jolie, la statue était entourée d'au moins d'une centaine de bougies. Cela fait mystique. Mais la chaleur de leurs flammes réchauffait la nuit. Dans les cœurs des fidèles réunis, c'était l'extase. Pas dans le mien car je me demandais ce que je faisais là à regarder une statue, certes, très jolie, mais bon, je laisse l'extase aux autres. Il faisait froid. Autour de moi des personnes étaient à genoux et priaient. Une personne à côté de moi pris une photo de la statue d'un moine, le Padré Pio. Je ne connais pas du tout ce moine et ce nom ne m'évoque rien de particulier. Cette personne a un polaroïd et les photos se développent après quelques minutes. Je la vois prendre la photo de la vierge et celle du moine. Après quelques minutes, il s'approche de moi me montre les photos et me demande ce que je vois. Je vois un moine qui prie tout simplement.
--- Oui c'est ça un moine, me dit-il.
Je lui dis : rien d'extraordinaire.
--- Si me dit-il, c'est le Padré Pio, j'ai pris sa statue en photo et cela est le cliché. Je regardais autour de moi, mais il n'y avait aucun moine. Était-ce un tour de passe-passe ou tout simplement une vision à travers cette photographie. Cela, je ne sais pas. Mais c'est vrai que cela m'avait frappé et m'avait mis quelques doutes. J'allais voir Béatrice, qui discutait avec sa mère. Je lui racontais ce que j'avais vu. Elle me demanda où était la photo. C'est le monsieur qui l'a.
--- Où est-il ?
Je ne sais pas. Je regardais autour de moi mais plus de ce Monsieur. Évaporé, envolé. Je croyais encore que j'étais très fatigué et à entendre les gens sans arrêt dire que la vierge était là, cela avait dû influencer ma conscience au point de me faire croire tout ce que mon cerveau nous me faisait entendre ou ressentir. Fatigué de tout ça, je rentrais seul dans le car. Sur le chemin, je retrouvais le pépé qui était en face de moi à la soupe familiale. Je savais bien que ce n'était pas le fruit de mon imagination. Je lui demandais s'il n'allait pas prier comme les autres. Il me dit que non, car il avait un message à délivrer avant de partir.
--- Mais à qui lui ? Répondis-je.
--- À un certain Philippe.
Je lui dis :
--- Tiens, moi aussi je m'appelle Philippe.
--- Je sais, me dit-il, car c'est à toi qu'est adressé ce message. Voilà le contenu du message comme il m'a été transmis : " Toi l'incrédule, toi l'égoïste, toi qui ne crois en rien, sache que désormais ton destin te fera croire et que tu seras souvent en Italie, et enfin tu aideras souvent les autres et que plus jamais tu ne seras égoïste. À toi de prendre la bonne direction. À ces mots, je fus très surpris. Comment ce vieux, que je ne connaissais pas du tout, avait-il un message pour moi ?
Encore une blague de ma belle-mère ! J'étais tellement surpris que je ne fais pas attention à ce vieux sûrement sénile. Je me retournais, plus personne. Merde alors ! Je remontais dans le car, très abruti par ce vieux venu de je ne savais d'où. Ma belle-mère et Béatrice revinrent, mais je ne leur dis rien. J'en avais assez de ces conneries. Je m'allongeais et m'endormis. Je fis cette nuit-là un rêve étrange. Je voyais ma sœur se marier en robe blanche, avec autour d'elle des Italiens et je ne la voyais plus qu'une à deux fois dans l'année.
En me réveillant, j'étais bien reposé et content de savoir que cet après-midi, on repartait pour la France. Mais avant, il fallait faire une dernière visite à un site de Saint Domiano, une abbaye où vivait le moine Padré Pio. La journée s'acheva sans rien de particulier et le retour dans le car se fit, comme pour l'aller, avec chants, prières, etc. Mais mes pensées étaient perturbées par toutes ces choses qui m'ont interloqué et sûrement changé le cours de ma vie par la suite. Bien des années plus tard, en analysant ce fameux message que ce vieil homme m'avait transmis, j'ai pu avoir la surprise que ce message était en fait une prédiction. En effet, ma sœur s'est mariée avec un Italien et est partie habiter là-bas. Je ne suis plus égoïste, quoique je ne pense pas l'avoir vraiment été. Moins indifférent peut-être. Mais je sais aujourd'hui que je n'ai pas rêvé. C'était bien réel. Avec le recul, je pense qu'une force que je ne peux décrire, m'a sûrement ouvert les yeux sur la réalité. On ne peut nier ce qu'on voit et j'ai vu. Mais moi seul peut le dire, mais je ne peux le prouver. Ceux qui ont été comme moi rationnel ou athée diront que j'étais dans un état de fatigue avancé. Ce que je sais c'est que ce message est resté gravé à vie dans mon crâne et est ressorti au plus profond de moi quand ma sœur s'est mariée.
CHAPITRE II
Qui suis-je vraiment ? Comme dirait Shakespeare être ou ne pas être, mais qui suis-je réellement ? Un fabulateur, un détraqué, une personne ayant un état d'esprit hors du commun ou tout simplement un homme à qui on a fait découvrir la réalité de la vie.
Tout enfant, j'ai fait subir à mes parents les pires bêtises qu'un enfant peut faire. Une petite anecdote : cela se passait à Chamonix, j'avais 5 ans. J'ai ouvert le robinet d'une cuve à fioul qui se trouvait à côté d'un chalet et tout s'est vidé sur le sol. Cela a senti le fioul toute la semaine. Mes petites fesses s'en souviennent encore. Je ne fais pas mon mea culpa, mais c'est vrai que je mentais beaucoup à mes parents. Car c'est vrai mon père me faisait peur. Pendant longtemps, il ne croyait pas ce que je disais et cela me faisait mal au cœur, mais je l'avais sûrement mérité. Je voulais que l'on s'intéresse à moi, je l'avoue aujourd'hui. Si je devais faire une thèse sur ma personne, je crois que je commencerais par démontrer que j'ai un grand cœur, mais que je ne sais pas toujours m'en servir à bon escient. Cela m'a apporté beaucoup de problèmes par le passé, mais aujourd'hui c'est une force en moi. Beaucoup de personnes m'apprécient pour ce que je suis. Mais qui suis-je ? Ceux qui me connaissent pourront me décrire. J'ai des défauts comme tout le monde, mais j'ai le courage de les reconnaître, pas comme certains. Je suis d'une nature gaie. J'aime la vie. Je n'ai plus peur de la mort. J'aime la sincérité, le courage, la générosité, le dévouement, l'investissement personnel, ceux qui ont un but dans la vie. Je n'aime pas le mépris, les hypocrites, les gens qui se sentent supérieurs, du fait qu'ils pensent être plus cultivés, le diable, les gens ayant un petit pouvoir et qui font subir leurs humeurs aux autres. Mais vous me direz comment puis-je écrire tout ça. Est-ce mon cerveau qui emmagasine des données et les fait ressurgir à un moment de mon existence où j'en n'ai le plus besoin. Je ne suis pas un médium, ni un voyant, ni un imaginatif super évolué. Je suis juste moi, peut-être un transistor qui répète ce que j'entends. C'est sûr, cela doit avoir une signification, mais, en attendant cela continu et cela ne me gêne pas. Si je pouvais faire une thèse sur ma personnalité, je crois qu'elle serait comme ça. Doté d'une vive expression personnelle, j'ai un tempérament parfois fébrile mais entier. Un sentiment d'insécurité inconscient m'incite à agir et parfois à me mettre en avant. De fait, l'inaction m'insupporte et je recherche une excitation continuelle, mes réactions sont personnelles et dépendent souvent de mon humeur du moment. Je suis généralement plein d'audace et d'impulsivité. Ma vie familiale et intime peut parfois subir les conséquences de mes désirs d'indépendance et d'émancipation. J'ai une intelligence vive, souple et adaptable. Je suis capable d'analyser objectivement les situations difficiles, mais aussi de faire preuve de la plus grande compréhension devant un problème d'ordre relationnel ou contractuel. Je suis une personne expansive, communicative et généreuse à l'excès. Je manque d'ailleurs parfois de mesure. Je donne et donne sans compter. Je réagis instinctivement et ne prends pas toujours la peine d'analyser les situations avant d'agir. Ce qui peut me faire commettre de nombreuses erreurs de jugement. Et ainsi entraîner dans ma vie quotidienne des difficultés et des problèmes pratiques en tout genre. J'ai peut-être un abord relativement froid, par timidité et par prudence. Je cache et protège ma sensibilité et je suis plutôt conservateur et respectueux des traditions et conventions. J'aime agir dans les règles. J'ai besoin de stabilité pour palier mon sentiment de frustration et parfois ma dépendance affective. Je scelle facilement des relations. Mes liens avec mon passé sont relativement forts. Je puise des repères rassurants que mon grand-père m'a apportés. Je cherche à exprimer mon affection de la manière la plus harmonieuse possible. J'ai d'ailleurs un sens inné pour l'harmonie et j'aimerais qu'en amour tout soit parfait et équilibré. Je pense être l'ami du cœur, le confident, le compagnon tendre et charmant. De ce fait, en amour, je recherche plutôt du définitif. Je suis un grand idéal affectif. J'ai beaucoup de délicatesse et de tendresse. Cependant j'ai une imagination plutôt excessive et je manque parfois de discernement dans mes relations. Ma nature confiante me rend parfois vulnérable. Je cherche à établir des relations sereines et dénuées de complications. Si extérieurement, je donne l'image de quelqu'un de détaché, je n'en demeure pas moins, intérieurement, extrêmement complexe. Profondément subordonnées à ma volonté et à mes besoins vitaux, mes facultés intellectuelles s'épanouissent dès lors qu'elles me permettent de communiquer avec mon idéal, et de préparer son action ou sa stratégie. À la fois logique et synthétique, je suis très perspicace, mais peux parfois manquer de recul. J'exprime mes idées, mes pensées de manière réfléchie mais pas toujours très spontanée. Je suis plutôt extraverti et recherche en moi-même des solutions aux problèmes que me pose la vie. N'ayant pas toujours confiance dans les modes de pensée usuelle, mon opinion est généralement très personnelle. Mes pensées et mes facultés intellectuelles sont parfois au ralenti parce que extraverties. Je suis plutôt orienté sur moi- même et ne cherche pas uniquement à communiquer avec les autres par simple plaisir. J'ai d'ailleurs parfois le sentiment d'être incompris. De plus, il me paraît difficile d'exprimer ma complexité de ce que j'entrevois intérieurement. Je manifeste un grand intérêt pour tout ce qui concerne le monde extérieur, les affaires sociales et pour tout ce qui contribue à la croissance et au développement collectif. Les associations ou autres formes de partenariat attirent mon attention et motivent mon action. Je cherche à me protéger de ma subjectivité en ayant une approche plutôt impersonnelle de la vie. Je suis voué à une cause commune, ma destinée ne m'appartient plus en propre, mais je suis entièrement entre les mains de ceux pour qui j'agis. Je vis principalement au présent. Étant extraverti, j'agis en fonction des circonstances. Sans cesse en mouvements, je suis à la recherche d'un équilibre, d'une stabilité que je ne trouve pas toujours. Je suis peut-être un être d'émotions ou un être d'affect, du fait de la prépondérance dans ma psychologie et cet affect et des sensations et sentiments qui me soutiennent. J'ai acquis un sens profond de la "séparativité" et donc, de mon unicité, je me sens parfois différent, distinct, afin d'être en accord avec l'idée de moi-même. Je tente de me distinguer. Cette extériorisation de ma personnalité a pour but de me faire reconnaître socialement et d'augmenter mon assurance personnelle. J'aime prendre des repères tout autant que conseiller les gens. Je suis un travailleur acharné et méticuleux, doué pour les tâches requérant précision et rigueur. J'ai tendance à être un peu pessimiste lorsqu'il s'agit de ma valeur personnelle et je cherche à compenser cette sensation dans une activité incessante ainsi que dans un grand dévouement pour mes proches. Étant réfléchi et plutôt sévère sur moi-même, j'ai tendance à être rigide, voire austère. Ma maturité pourrait avoir été précoce car j'ai été habitué, dès mon enfance, à la rigueur et la sobriété. C'est peut-être pourquoi je pourrais avoir acquis rapidement un esprit autonome et un fort sentiment de dignité personnelle. Je sais que toute réussite prématurée en ma faveur est fragile et je pressens, avec justesse, que le temps joue en ma faveur. Mes aspects psychologiques cités auparavant découlent probablement d'un complexe paternel. J'ai dû être fortement marqué par mon père au cours de mon enfance. Ce complexe peut résulter de différentes causes, soit d'un lien trop étroit avec mon père, soit d'une trop grande sévérité de celui-ci. Cela dit, j'adore mon père. J'ai souvent une mauvaise opinion de moi-même. Rien ne pourra vraiment être positif dans ma vie si je garde une telle position d'esprit. Peut-être devrais-je me faire plus confiance et apprendre à dire non quand il le faut. Regarder vers l'avant et me dire que la vie ne fait que commencer. Mais si je perçois des choses que les autres ne voient pas, je ne me considère pas comme différent. J'aimerais qu'un jour les gens que j'apprécie voient ce que je vois. Je pense que l'analyse de moi-même semble être assez vraie dans sa réalité, même s'il y manque quelques petits détails.
Ce que je vois en rêve, d'autres le voient différemment, car chacun d'entre nous rêve. Mais qu'est-ce qu'un rêve ? Le rêve est un ensemble de perceptions visuelles ou auditives qui sont pour la plupart fabriquées par notre inconscient pendant les phases du sommeil. Tout le monde rêve et il est possible pendant le rêve d'expérimenter des états modifiés de la conscience. Des chercheurs l'ont déjà expérimenté. Cela s'appelle un rêve lucide dans lequel le rêveur est conscient de rêver. Le rêve est aussi un outil très puissant car c'est le moyen de communiquer avec notre soi supérieur. Il y a différents types de rêves. Le rêve normal, celui que tout le monde fait avec des histoires incohérentes. Le rêve lucide, le rêve prophétique dont les évènements rêvés vont se réaliser. Les cauchemars, très angoissants pour certains. Moi, je me trouve dans la catégorie où je dois dialoguer avec des entités astrales, ce qui m'ouvre des portes pour communiquer de l'autre côté. Bien sûr certains penseront que ce n'est que foutaise, mais quand la réalité des messages, qui me sont adressés, se réalisent point par point, on appelle ça comment ? Ou comment des rêves à forme de caractères spirituels viennent me raconter des choses sur l'enfer. Qui m'adresse ces messages ? Une nuit j'ai fait ce rêve étrange et ces textes sont encore gravés dans ma mémoire après les avoir lus. Faites votre propre opinion. Les voilà tels que je les ai reçus. Depuis des temps immémoriaux, l'homme s'est senti en butte aux persécutions d'êtres surnaturels malfaisants. Les mauvais génies se cachaient partout. Les larves et les légumes vivaient sous terre. Les vampires attaquaient les vivants. Le terrible Mantar (la pestilence) et Ipda (la fièvre) affligeaient les cités. La nuit était dominée par des démons du mal, du désert, des gouffres de la mer, des montagnes des marais. L'Enfer, lieu de turpitude et de fureur selon Milton, un globe énorme entouré de feux dévorants. Il est placé dans le sein de l'antique chaos et de la nuit informe. On y voit cinq fleuves, le Styx, source exécrable consacrée à la haine. L'Achéron, fleuve noir et profond qui habite la douleur. Le Cocyte, représentant des sanglots perçants. Le fougueux Phegeton, dont les flots précipités en torrents de feu portent la rage dans les cœurs. Et enfin tranquille Léthé, qui roule dans un lit tortueux, ses eaux silencieuses, au-delà s'étend une zone déserte obscure et glacée battue par les tempêtes et un déluge de grêle énorme. Tout autour, des gouffres horribles où l'on entend les âmes damnées criant leur pitié.
Aux portes de l'enfer, deux figures impies. L'une représente une splendide femme jusqu'à la ceinture et dont le corps se termine en une effroyable queue de serpent, dont l'extrémité est un aiguillon mortel. Ce monstre est le pêcher, fille sans mère, issu de l'esprit de Satan. L'autre figure est informe, noire, féroce, terrible comme l'enfer. Ce qui semble être sa tête porte l'apparence d'une couronne royale. Ce monstre est la mort, fille de Satan et du pêché.
Au loin s'élève Pandémonium, capitale de l'empire infernal. Édifice énorme, aux portes de granit suintant gris comme la mort. L'œil s'égare dans la profondeur de son enceinte. De la voûte pendent, par maléfice, plusieurs rangées de lampes étincelantes. Satan est là, il nous fait un signe, nous voilà en Enfer.
Je ne suis ni un adepte de Satan ni d'autres sectes. Comment ai-je pu retranscrire ces textes avec leur contenu en ne connaissant aucun nom de démons, ni autres sujets démoniaques. Bien évidemment, quand je reçois cela dans mes rêves, mon grand-père n'est jamais bien loin de moi et je ne pense pas qu'il soit le diable réincarné. Cela est peut-être difficile à croire car même moi, par moments, j'ai l'impression de nager dans la folie. Mais je sais que je suis saint d'esprit et cela me rassure. Peut-être que certains penseront que j'ai une surdose d'adrénaline qui me fait faire ces actes inconsciemment. J'aimerais que ce soit cela car, aujourd'hui, je sais que je ne suis pas victime d'une poussée d'adrénaline mais que je suis peut-être une personne qui a un contact avec l'au-delà. Qui sait un jour vous me rencontrerez au détour d'un chemin de vos rêves.
CHAPITRE III
LES RÉVÉLATIONS DE MON GRAND-PÈRE
Comme je l'ai cité dans mon premier ouvrage, la mort de mon grand-père m'a beaucoup affecté et c'est peut-être cela qui donna le déclic à ces phénomènes étranges qui parsèment mon quotidien et qui firent peur à certains de mes proches. Cela remontait déjà à plus de dix ans quand, pour la première fois, j'ai vu mon grand-père en rêve. Mais je me suis aperçu, par la suite, que je ne rêvais pas. Ce que je vais dévoiler aujourd'hui est personnel. Mais avec le temps cela se réalise. J'ai condensé toutes ces paroles dans ce chapitre, car cela a duré plus de dix ans et continu encore.
Voilà la première fois, le 28 octobre 1985 : cela faisait une semaine qu'il était décédé et c'est vrai que je n'étais pas très bien. Quand on perd un être cher, cela est douloureux et le cœur a du mal à s'en remettre. Cette nuit-là j'ai rêvé de lui, du moins je croyais rêver. Mais je vais raconter comme cela s'est passé. Je le trouvais devant moi dans un grand jardin très fleuri. Il s'approcha de moi et me dit de ne pas avoir peur, que la mort n'est pas une étape finale et, bien au contraire, que c'est le début du commencement. Je n'osais parler car j'étais très émue de le revoir et de savoir qu'il était bien là où il était. Voilà ses mots tels que je m'en rappelle encore aujourd'hui.
--- Tu sais Philippe, la mort n'est pas si horrible que ça. C'est une étape pour recommencer une autre vie. Aujourd'hui je suis là pour te guider et t'apporter quelques mots que tu devras bien analyser pour en faire bon usage. Je sais que tu te marieras bientôt, que tu auras deux beaux enfants qui porteront la lettre J dans leurs prénoms. Mais ce n'est pas toi qui les choisiras mais ta femme. Je ne t'en dis pas plus pour le moment, mais tu me reverras bientôt afin que je te révèle d'autres messages.
Aujourd'hui, je peux dire que ce message s'est réalisé points par points. Je me suis marié le 8 août 1986 et j'ai eu deux filles. C'est ma femme qui a choisi leurs prénoms Johana et Jennifer. Je n'ai jamais influencé ma femme sur les prénoms de mes filles. Car si on avait eu des garçons, cela aurait été à moi de choisir leurs prénoms.
Le premier mars 1986.
Toutes ces images de mon grand-père, que je peux voir ou entendre, sont peut-être le fruit de mon imagination, mais le message que je reçus ce soir-là ne pouvait en aucun cas être réalisable pour moi. Et pourtant il se réalisa quelques années plus tard, c'est-à-dire en 1996, dix ans après ce message.
Voilà ce message :
--- Des haines et des violences verbales tu subiras,
De tes parents tu t'éloigneras pour ne plus les voir.
Ton père sera fâché à mort contre toi.
Ta femme en sera la cause et un mal de vivre t'envahira.
Ce message s'est réalisé dix ans après, après une dispute avec mes parents à cause de ma femme. J'ai alors claqué la porte et ne les ai revus que deux ans après. Pendant ces deux ans, je n'étais pas bien. Savoir que mes parents étaient tout près de chez moi et que je ne pouvais même plus les voir... C'est vrai que la haine et les violences verbales m'ont fait très mal et sont encore très présentes en moi.
Le 10 juillet 1986.
Comme pour tous les messages que mon grand-père m'a adressés, il se trouve toujours devant moi. Il ne me regarde jamais avec des yeux mauvais, bien au contraire, son regard me rassure au plus profond de moi.
Voilà ce message :
--- De ton mariage, tu seras brisé.
De tes filles, tu seras privé.
De ta vie, tu voudras en finir.
Du petit Marc, tu seras sauvé.
Ce message m'annonçait mon divorce. En effet, comment savait-il que douze ans plus tard je divorcerais. Je me suis séparé de Béatrice le huit août 1999 et je me suis trouvé séparé de mes filles pendant plus de deux ans. J'ai failli mourir d'une tentative de suicide en inhalant, par voix buccale, des cachets et de l'eau de javel. Et je me souviens dans mon subconscient que c'est un petit garçon, prénommé Marc, qui m'a aidé à rester sur le chemin de la vie.
Le 28 décembre 1989.
Bien souvent, je me demandais si ce qu'il me disait n'était pas un signal pour que je fasse attention à ne pas m'égarer vers un chemin parsemé d'épines. Mais la vie est une rose, belle mais épineuse.
Voilà ce message :
--- Prends soin de ma petite femme,
Car elle va subir une grave opération,
Et si tu n'es pas là, elle partira pour me rejoindre.
Ce message parlait de ma grand-mère. Pourquoi me disait-il qu'elle allait subir une grave opération et qu'elle aurait besoin de moi. En 1995, ma grand-mère a subi une opération des deux hanches. On lui a mis des prothèses en plastique, mais le jour de l'opération, il y a eu des complications cardio-vasculaires. C'est sûr à quatre-vingts ans c'est difficile de supporter une anesthésie. Le lendemain de son opération, je suis resté près d'elle dans la salle de réveil. Je tenais sa main et lentement elle s'est mise à se réveiller. La première chose qu'elle m'a dit c'est : ton grand-père était là et me tenait la main. Je lui ai dit que l'anesthésie l'avait shootée et que c'était normal. Mais je sais qu'il était là.
Le 26 avril 1991.
Je commençais à m'habituer à ces messages et quand je ne voyais pas mon grand-père, j'étais triste, mais c'est qu'il avait mieux à faire.
Voilà ce message :
--- Un accident tu éviteras,
Un discours tu feras,
Trois de tes copains me rejoindront.
Ce message a été terrible pour moi, car je ne savais pas quand, ni qui allait subir cela. Cela se passa en décembre 1999. Je faisais partie de l'équipe de football de Villeneuve-la-Garenne et, comme chaque année, on se faisait un resto pour se retrouver tous ensemble. Ce soir-là, je ne pris pas ma voiture. Je montais avec mon copain Hervé dans sa Samba. Deux autres de mes copains montèrent avec nous, Guy et Charles. Nous avions rendez-vous dans un restaurant oriental pour manger un couscous. La soirée se passa sans problème. Jusqu'à ce qu'Hervé doive rentrer car il était déjà minuit. Il me demande si je voulais bien rentrer tout de suite. Je lui non car Christophe me reconduirait. Guy et Charles voulaient rentrer avec Hubert. Nous leur disons alors à lundi. C'est la dernière fois que je les ai vus. Un autocar, grillant un feu rouge, les percuta. Ils décédèrent quelque temps plus tard, à l'hôpital. J'en ai eu la chair de poule, car c'est moi qui aurais dû être à la place d'Hubert. À l'enterrement, c'est moi qui lus un passage de la bible qu'avait choisi la famille. Si j'avais su l'importance de ces messages, à l'époque, et qu'ils pouvaient encore se réaliser même huit ans après. J'aurais peut-être pu éviter cela. Cela me pèse encore aujourd'hui.
Le 17 juin 1999.
--- Dans la boisson, tu sombreras,
Une mauvaise rencontre tu feras.
Ce message a été pour moi comme un pressentiment. Je venais de me séparer et j'étais très mal. Je m'étais réfugié dans l'alcool. J'avais changé, j'étais aigri et distant avec les autres. Et puis j'ai rencontré une personne qui ne m'apporta que soucis et désolation. J'ai eu du mal à m'en sortir, mais aujourd'hui je remercie mon grand-père de m'avoir aidé à sortir de ce mauvais pas.
Le 28 septembre 2001.
--- De ta passion tu renaîtras.
De gros problèmes de santé te toucheront ainsi qu'une petite-nièce à toi.
Tes parents seront plus proches de toi.
Dans ce message, mon grand-père parle d'une passion que j'avais mise de côté à cause de mon désarroi moral. Je l'ai maintenant retrouvée et ma passion pour les indiens ne me quitte plus. J'ai toujours eu plus ou moins des problèmes de santé, mais, actuellement, c'est vrai qu'ils me touchent de plein fouet. Pour ma petite-nièce, à l'époque, je n'étais pas encore tonton, mais, depuis, ma sœur a eu une petite fille qui a actuellement des problèmes de santé. Mes parents sont beaucoup plus proches de moi qu'avant ou alors s'ils sont déjà ainsi, c'est que je n'ouvrais pas suffisamment les yeux.
Le 17 avril 2002.
--- À ton amie tu enlèveras un poids du cœur,
Et tu lui annonceras l'arrivée, dans sa vie, de David.
Cette amie te laissera, car elle n'aura plus besoin de toi,
Mais un soir elle t'appellera en larmes.
Ce message m'a beaucoup touché car j'ai une amie que je considère comme ma petite sœur, qui avait un gros secret sur le cœur et cela lui pesait beaucoup. Je ne citerais pas son secret. Mais je sus son contenu grâce à mon grand-père. Elle fut très surprise que je connaisse son secret, étant donné qu'elle n'en avait parlé à personne jusque-là, même pas à ses parents ni à aucune autre personne plus ou moins proche. Je lui ai annoncé qu'elle rencontrerait un certain David, comme me l'avait cité mon grand-père. Elle n'y croyait pas, jusqu'au réveillon du premier janvier 2003, où elle m'appela pour me dire qu'elle venait de rencontrer un garçon prénommé David. Depuis ils filent le parfait amour, je crois, car je n'ai plus beaucoup de nouvelles. À ce jour, elle ne m'a toujours pas appelé en pleurs au téléphone.
Le 26 juin 2002.
--- D'une séparation tu seras témoin.
Un déchirement pour un enfant te fera réagir.
Cela te fera repenser à ton toi intérieur au moment de ta séparation.
À l'époque de ce message, je ne pouvais pas trop y croire, vu que j'allais être muté en Normandie et que je n'y aurais pas encore d'amis. Du moins, je le croyais. Cependant, je me fis beaucoup d'amis très vite et, un an après ce message, l'un de mes amis se sépara de sa compagne et ils se déchirèrent pour leur petite fille. Cela m'a, en effet, fait repenser à mon divorce et au fait que j'ai été séparé de mes deux filles.
Le 17 janvier 2003.
--- Fais attention Philippe, ta santé se dégrade.
Ne va pas à un certain carnaval.
Ta compagne va bientôt trouver un emploi,
Certes, pas vraiment ce qu'elle recherche,
mais cela viendra bientôt par la suite.
Une rentrée d'argent t'arrivera alors que tu ne t'y attendras pas.
En décortiquant ce message, je compris à quel point mon grand-père avait un don pour prévoir les choses. En effet lors d'un certain carnaval, au mois de juillet, je fis un malaise et les pompiers m'emmenèrent à l'hôpital. On découvrit plus tard que j'étais atteint d'une tumeur au cerveau. Ma compagne a effectivement trouvé un emploi et est toujours à la recherche de l'emploi pour lequel elle a vraiment été formée et qu'elle trouvera bientôt d'après le message de mon grand-père. Pour la rentrée d'argent, cela paraissait irréel, vu nos conditions financières. Mais ces jours derniers, courant novembre 2003, mes parents m'ont appelé en m'annonçant qu'ils avaient vendu leur maison de campagne et qu'ils nous adresseraient 50 000 francs dès qu'ils auraient signé et qu'ils recevraient le paiement. Encore une fois mon grand-père avait raison.
Le 26 mars 2003.
--- Roger me rejoindra bientôt.
Un voyage tu feras.
Un accident tu éviteras.
En ce qui concerne Roger, mon oncle, il est toujours parmi nous, mais est malade. En ce qui concerne le voyage, cela doit correspondre à une semaine offerte par mes beaux-parents à la neige. Quant à l'accident évité, cela peut correspondre à un virage que j'ai failli louper ou encore récemment à une voiture doublant sur une nationale et qui arrivait en face de nous. Elle nous évita d'une seconde près.
Le 29 octobre 2003.
--- Je te souhaite un bon anniversaire.
Ne te dit pas que c'est peut-être le dernier,
Tu n'es pas en stade final, bats-toi,
Des gens ont encore besoin de toi ici.
Mes pensées sont toutes pour toi aujourd'hui.
Ce soir, je ne te dirais rien, je tiens à ce que tu te reposes de tout.
Je suis fier de ce que tu es devenu, mon garçon.
Et ici aussi ils t'apprécient.
Ce jour-là, mon grand-père ne me dira rien de plus. Cela me fit grand plaisir comme à chaque fois que je le rencontrais.
Le 7 novembre 2003.
--- Un proche de ta compagne me rejoindra.
Soit près d'elle, car cela la touchera beaucoup.
De ta grand-mère, tu seras son soutien.
Sans toi, elle serait déjà près de moi.
À ce jour, aucun proche de ma compagne n'a encore rejoint mon grand-père, mais son papa est très malade. Je suis très proche de ma grand-mère, malgré le fait que nous habitons à plus de deux heures de route de chez elle. Et sans ma présence, je pense qu'elle ne serait plus là.
Tous ces messages cités sont ceux de mon grand-père, alors quand je dis des choses et qu'elles arrivent, il parle à travers moi. En rien je ne veux lui enlever ça. Sans lui je ne saurais rien. Il est sûr que seuls ceux qui croiront penseront que je vois réellement mon grand-père. Les autres penseront que je suis doué d'une grande imagination. On a tous connu des moments difficiles pendant lesquels on ne sait pas très bien qui on est. Il faut dire que ce n'est pas mon cas en ce moment. La difficulté de bien comprendre dans quel état d'esprit on fait certaines choses, ses désirs parfois contradictoires, des actions qu'on préfèrerait ne pas faire et la vie qui devient un enfer. Mon grand-père est pour moi un être spirituel, mais vous penserez que tout ça n'a rien de spirituel. Pour ceux qui ne connaissent pas ce qu'est la spiritualité, ce mot est chargé de sens associé à de nombreux préjugés. Elle serait irrationnelle, un fourre-tout de paranormal et d'ésotérisme, un piège utilisé par les sectes… La spiritualité est une recherche de rationalité, l'observation et l'écoute sont indispensables. Nos yeux ne voient que les images, nos oreilles n'entendent que les sons. L'esprit est-il mesurable ? Par définition, non. L'esprit est une sorte de commandement, de création de choses venant d'elle-même. Le commandement n'est pas mesurable en soi.
La spiritualité est la véritable rationalité, car rien n'est su sans réfléchir. La logique elle-même existe-t-elle ? Voilà une question à laquelle on ne peut répondre, par avance, sans utiliser tous les moyens possibles (réflexion, méditation, expérimentation spirituelle) pour savoir. Notre quotidien lui-même est affaire de spiritualité. Nos actes, nos envies, nos attitudes nous font évoluer et sont la matière des choix de notre esprit. Bien que rares soient les personnes vraiment éclairées, ne sentant pas le besoin d'accomplir des actions sans but réel et ayant en eux la présence totale de soi. Tout, tout, tout a une implication spirituelle. Nos gestes viennent d'émotions qui s'élèvent et diminuent en nous. Et notre esprit, même s'il est loin, a toujours une part de spiritualité. Cela apporte la sérénité au sein de son soi intérieur. C'est pourquoi, je ne peux en aucun cas avoir souffert de folie ou d'hallucinations même passagères. J'espère qu'un jour, je serais près de lui avec tous ceux que j'aurais aimé sur cette terre.
CHAPITRE IV.
Suis-je devenu cinglé ?
Toutes ces paroles, ces phrases, ces textes ont sûrement un sens et une signification logique. Les scientifiques et les médecins penseront que je dois souffrir d'une paranoïa, doublée de crises d'irréalité. Au début, je croyais sincèrement être devenu fou. Je n'en parlais qu'aux personnes sincères et compréhensibles à mon égard. Je me suis vite rendu compte que j'étais un amusement pour certains et je me suis donc refermé sur moi-même pendant un bon nombre d'années.
Avec tout ça dans ma tête, comment savoir si je n'avais pas d'anomalie cérébrale ? Il est vrai que, depuis que j'ai ce mal en moi, qui avance et qui me ronge de jour en jour, je me dis qu'il est peut-être la cause de tout. Mais, à chaque fois, un événement est là pour me rappeler le contraire. Comme cette anecdote dont je me rappelle.
Cela est complètement dingue, mais des témoins étaient là, qui peuvent confirmer mes dires. Nous allions dans un cimetière de Normandie, avec les parents de Christelle, pour déposer des fleurs sur la tombe de ses grands-parents. Je ne connaissais pas le lieu, mais pourtant lorsque nous sommes entrés dans ce cimetière, il se passa quelque chose d'étrange. Nous étions devant la tombe de ses grands-parents, lorsque mon attention se porta sur une dame qui m'appelait quelques carrés plus loin. Je m'avançais vers elle, avec Christelle, qui, bien sûr, ne voyait personne et encore moins quelqu'un nous faisant signe.
C'est alors que la dame disparut, mais, à l'endroit même de sa disparition, se trouvait une sépulture au nom de Fontaine Élisabeth, c'est-à-dire qu'elle portait le même nom de famille que moi. Comment l'aurais-je su ? Que voulait-elle me dire ou me faire comprendre ? Bien des mois plus tard, sans leur dire un mot de ce qui s'était passé, j'ai demandé à mes parents s'ils avaient connaissance du fait que quelqu'un de notre famille ait vécu ou vivait en Normandie. Mon père me dit que oui, mais que cela faisait très longtemps et qu'il ne s'en souvenait plus. La stèle datait de 1863. Encore un truc de fou, bien que je sache que je ne suis pas fada. Suis-je peut être en train de le devenir ? Je me demande si cela s'arrêtera un jour, car je vois mon grand-père au moins une fois par semaine. Christelle m'a entendu parler avec lui pendant mon sommeil.
Un jour, Sabine, notre amie, m'avait demandé si elle pourrait voir, elle aussi son propre grand-père, car il lui manquait. J'ai donc demandé à mon grand-père de faire ce qui était possible pour qu'elle puisse le voir. Ce que Sabine me raconta, quelques jours plus tard, est surprenant. Elle vit son grand-père mais sans rêver pour cela. Cela la bouleversa. Depuis elle croit encore plus à ce que je dis à travers mon grand-père.
Dans ma tête, parfois tout se mélange et devient confus. J'entends des sons, je vois des images autour de moi, même en présence de Christelle, mais je ne lui dis rien car je ne veux pas lui faire peur. Elle a dû subir beaucoup de choses depuis qu'on est ensemble et cela l'a beaucoup travaillée au début. Mais elle sait que ce que je dis, je le pense sincèrement. Et lorsque j'ai un message de mon grand-père, je lui en parle. Elle ne me prend pas pour un fou, même si parfois elle ne comprend pas.
J'ai très mal dans ma tête. Cela résonne comme une cloche d'église. Tous ces sons, ces bruits, s'entrecroisent et cela fait un brouhaha de tous les diables. Si je devais dire tout ça à mon médecin, il m'enverrait de suite consulter un psychiatre. Être malade ne veut pas dire être dénué de ses facultés mentales. Bien au contraire, je suis encore sain d'esprit. Je sais encore compter sur mes doigts… Je plaisante !
Je demande à Dieu si tout ce que je perçois est diabolique. Si c'est le cas, qu'il me punisse comme il se doit. Mais si cela est angélique, je le remercie de m'avoir permis de vivre cela. Et j'espère un jour, moi aussi, venir aider et soutenir les personnes qui me sont proches. Tous ceux que je connais et qui liront mes livres seront surpris. Cela c'est sûr, car ils ne me connaissent pas sous cet angle-là. Je les rassure, je ne suis pas un miroir qui reflète le mensonge et l'hypocrisie. J'aime donner sans compter. Il est vrai que, bien souvent, je suis très mal dans ma tête au point de penser au suicide. J'ai déjà attenté à ma vie il y a quelques années. Je n'avais plus de repères, j'étais vraiment tombé très bas. J'étais seul et c'était très difficile de remonter la pente. Mais la force que l'on a tous en nous ressurgit un jour de notre vie. Peut-être est-ce l'instinct de survie. Aujourd'hui je n'ai plus peur de la mort, connaissant ce qui se passe après et cela m'apporte une certaine sérénité de l'esprit et de l'âme. Quand je parle de suicide, c'est parce que, à un moment de mon moi intérieur, rien ne va plus. Je ne sais plus reconnaître où est le rêve et où est la réalité. Cela est très difficile de gérer la réalité. Ce qui me tient dans ce monde, c'est sûrement ce que je peux apporter autour de moi. Je sais que les gens ont leurs propres soucis quotidiens mais qu'est-ce que le quotidien aujourd'hui ? Dans ma vie, j'ai eu des moments d'égarements, d'émotions, de peine et de souffrances mais la plus grande souffrance qui me frappe à chaque fois, c'est l'incompréhension. Comment me faire comprendre ? Sans que l'on me prenne pour un demeuré. C'est vrai que raconter des choses aussi étranges, cela peut apporter l'incompréhension autour de moi. J'ai aussi sûrement un grand désarroi moral, dû peut-être à la maladie que je traverse et qui me perturbe de en jour, au point de blesser les personnes qui me sont proches. Je leur demande pardon, aujourd'hui, pour mes changements d'humeur. Parfois je m'isole souvent et j'ai peur d'avouer qu'à l'intérieur ça ne va pas. Cette image de moi est peut-être confuse. Mais la réalité du personnage est tout autre. On le sait bien. Maintenant je m'efforce de continuer lentement le parcours de ma destinée qui m'emmènera peut-être vers le repos éternel. Qui sait ? Ces visions, ces sons et ces images que je reçois sont peut-être des hallucinations. Mais, ce que je sais aujourd'hui, c'est qu'ils m'ont apporté une certaine délivrance. Oui, car ils m'ont appris que ceux qui nous ont quitté ne sont pas très loin de nous. C'est vrai qu'ils sont toujours présents dans notre cœur et que s'ils nous ont marqués par leur charisme et leur cœur, notre esprit s'en rappelle encore très bien, bien des années plus tard.
Dans mes premières visions, j'ai cherché avec raison à trouver une solution logique au fait que mon état prête à ce genre de phénomènes. J'ai été pendant quelques mois dans le doute d'un changement de personnalité et le fait de savoir que ce pourrait être irréversible. Mais pourquoi cela se passait-il quand je dormais ? Je me suis longtemps posé cette question et c'est mon grand-père qui m'en donna la réponse. Lorsque nous dormons, tout notre corps est relâché. Seuls, notre âme et notre esprit, sont éveillés, ainsi que les portes du subconscient qui s'ouvrent. Et seulement là, la frontière entre les deux mondes a une ouverture vers la réalité spirituelle. Je n'ai pas eu que des visions en dormant, mais également lorsque j'étais éveillé en pleine journée. Pourquoi ? Mon grand-père dit que je dois avoir un pôle positif qui attire certaines entités à venir me contacter. C'est un peu fou, ça je le conçois, mais c'est comme ça. Je le reconnais, c'est surprenant, mais la vie réserve beaucoup de surprises. Quelle douleur, au plus profond de moi, s'acharne à dévaster ma réalité ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est, que depuis quelque temps, ma fatigue grandit et me laisse penser qu'un jour elle sera totale. Cette fébrilité atteint-elle mon esprit au point de me faire halluciner. Je ne pense pas. J'ai toujours en moi cette force qui me pousse à combattre l'inévitable, mais jusqu'à quand me protègera-t-elle.
Depuis que j'ai eu mes trente-huit ans, j'ai la conviction très forte que quelque chose me pousse à réagir, à me donner aux autres, faire le bien autour de moi. Même si parfois ma réactivité est affaiblie, je m'efforce de faire comme si j'étais tout à fait moi car je suis encore moi. Les choses autour de moi passent en seconde place. Même les choses essentielles de la vie deviennent de plus en plus difficiles. Comme, par exemple faire le bien autour de moi. Mais le bien existe-t-il ? Se manifeste-t-il en tout temps et en tous lieux ?
Ce que j'écris, aujourd'hui dans ce livre, est l'aventure de moi-même qui va à la recherche de la moindre lueur, de la plus modeste étincelle de bien dans le gouffre du mal. C'est le récit d'un voyage, dont je n'ai pas fini de guetter les échos, un voyage à travers les âmes, les consciences, les cœurs. De nos jours ces mots font sourire, car au moment où se propagent, sous nos yeux, l'injustice et les guerres, ces mots devraient être au centre de nos préoccupations (l'Irak, Sarajevo, …).
Pourquoi n'ai-je pas songé plus tôt à livrer cette part de ma mémoire. Il aurait fallu le dire depuis longtemps, le dire haut et fort. Il y a des individus pour nous permettre de ne pas désespérer de l'humanité. Il est urgent, me semble-t-il, d'essayer de comprendre cette conscience du bien, tel que ces êtres l'ont manifesté au péril de leur vie. Elle m'intrigue et me force au respect. Les voyages que j'ai pu faire, pour aller à la rencontre de ces justes, je les dois à mon grand-père. Il m'est difficile aujourd'hui de les éviter, puisque les voici qui se déroulent à nouveau en moi au gré du fil discontinu des souvenirs. De tels voyages se recommencent sans fin. Les générations passent, mais la mémoire est peut-être notre seule et vivante éternité. Quelle place, dans la mémoire, réservons-nous au bien ? Ne nous manquerait-il pas une mémoire du bien ? Cette mémoire du bien ne serait elle pas notre unique espoir et, qui sait, notre dernière chance. Mais qu'est ce que le bien aujourd'hui ? En racontant toutes ces choses dans ce livre, je ne cherche en aucun cas à en tirer profit. Je le fais pour mon grand-père, qui m'a demandé de retracer tout son parcours, afin que le monde sache un jour que la mort n'est pas une étape finale et donc pas le repos éternel. Moi, avant tout ça, j'avais des à prioris sur la mort. J'en avais peur, je trouvais ce sujet tabou et je pensais qu'il n'y avait rien après, que notre corps pourrissait, un point c'est tout. Je trouvais également très stupide de se recueillir sur des stèles ou sur des tombes, car il n'y avait rien, seulement des souvenirs que l'on se ressasse, c'est tout. Comment tout cela s'est changé en moi ? Pourquoi n'ai-je plus peur de la mort ? Aujourd'hui toutes ces questions ont trouvé des réponses et maintenant je peux dire, haut et fort, que je n'ai plus peur de la mort. Ce n'est plus un sujet tabou. Il faut l'accepter. C'est vrai que perdre un être cher est douloureux, voire insurmontable, même quand on sait qu'il trouve le repos éternel, ce que je croyais jusqu'au jour de ma rencontre avec mon grand-père. Maintenant je sais qu'une vie après la mort existe bien. L'interpréter est difficile, voir impossible à démontrer. Lorsqu'on parle de l'au-delà, bien des charlatans en profitent et de nombreuses personnes se trouvent escroquées par ces soient disant personnes qui vous font des confidences sur vos proches décédés, moyennant finance. Ces personnes-là sont à éviter. Mais on ne peut empêcher qu'une personne, souffrant d'un manque profond d'un être cher, recherche alors l'appui d'une force surnaturelle et croit les personnes vers qui elle se tourne avec sincérité. Ceux qui souffrent ainsi sont des proies vulnérables. Seul l'argent qu'elles donnent aux escrocs est réel. Pour ceux qui, comme moi, voient au travers d'un proche, savent bien la réalité et que tout n'est pas rose. La mort aussi a ses entrailles de non-retour. Cela s'appelle l'enfer. Bien nombreux sont ceux qui n'en ressortent jamais, car les âmes mauvaises n'ont pas lieu d'être là où le bien est roi. Le bien, je l'ai côtoyé comme le mal, car nous avons en chacun de nous une partie des deux. À nous de faire le bon choix.
Je vais vous démontrer que dans chacune de nos âmes nous avons le bien et le mal. Cela s'est passé au cours d'un rêve. Vous en tirerez les conclusions en votre âme et conscience. Voilà comment il cela a commencé, en ce jour du 27 mars 1998. J'avais terminé ma journée de travail. Comme toute personne qui travaille pour élever sa famille, j'étais très fatigué et le soir je ne tardais pas à m'endormir. Je ne vis pas mon grand-père ce soir-là, mais une personne très différente de lui. Voilà le récit qui me resta au plus profond de moi toute ma vie.
Comme dans tous mes rêves, je marchais dans ce long couloir interminable. Je m'entendais marcher et le silence me faisait froid dans le dos. Soudain je m'arrêtais et mon attention se portait vers une porte très sombre, sans poignée, mais avec un loquet et une photographie représentant un loup. J'entrouvris la porte et me faufilais à l'intérieur. Je me retrouvais dans une immense pièce, dans laquelle se trouvait une personne assise à un bureau, qui me fit signe de m'asseoir en face d'elle. Je me suis assis. Je ne pouvais pas distinguer son visage. Celui-ci était très sombre. Elle ne parlait pas, mais j'entendais sa voix dans ma tête. Ce qu'elle me dit me fit froid dans le dos. Je n'avais pas l'habitude d'entendre de telles choses. Cela ressemblait à un cauchemar.
La pièce était sombre, tout était noir et elle me fit comprendre que le noir représentait le néant, la mort, la peur et le respect, c'est pourquoi, peut-être, j'adore cette couleur. Je n'osais parler et étais comme hypnotisé par sa présence. Seuls ses mots venaient m'interloquer au plus profond de moi. Voilà ses mots tels que je m'en souviens. Aujourd'hui je sais que je n'ai pas inventé ces choses.
--- Tu es là, devant moi, car il faut que tu apprennes ce qu'est le mal. Le mal n'est pas indissociable de ton âme. Il est en nous. Toutes ces choses horribles que l'on entend dans les médias (assassins d'enfants, de personnes âgées…), ce n'est pas le diable qui pousse, qui que ce soit, à faire tout cela. C'est la partie de mal, qui est en eux, qui se réveille. Toi, tu as une grande partie de mal en toi. Mais tu ne sais pas t'en servir ou plutôt tu ne veux pas, car tu n'aimes pas faire le mal. Pourtant, il apporte une certaine excitation intérieure.
Je pensais que cette personne voulait me pousser à faire le mal, mais je ne savais plus très bien, car je n'avais pas l'habitude de me trouver en face d'une personne dont je ne voyais pas le visage. Je lui demandais quand même si je pouvais voir son visage. Il me répondit que je le verrais lorsque je saurai faire la part des choses. Je ne comprenais pas très bien et me demandais ce qu'il voulait dire par là. En fait il me demandait si je voulais faire le bien ou le mal. Je lui dis que je ne voulais pas faire le mal, mais il me dit alors que je le faisais déjà en venant ici. Et me demanda pourquoi j'étais venu. Je lui répondis que c'est mon grand-père qui me l'avait demandé. Il me demanda ce que je savais de mon grand-père et si je savais qui il était vraiment. Je lui répondis que je savais que c'était quelqu'un de bien et que, de cela, j'en étais sûr. Il me dit que c'est ce que je croyais et me demanda comment je croyais réussir à venir ici, si ce n'était pas le mal qui m'y conduisait. Je lui répondis que je savais, un point, c'est tout, que je n'avais jamais fait de mal autour de moi. Il me demanda si j'étais vraiment sûr de moi. Je le pensais en tout cas.
--- Ta conscience n'est pas vraiment sûre.
--- Vous savez, si j'étais le mal comme vous le dites, je ne serais pas ici à écouter toutes vos bêtises et je vous aurais sûrement déjà foutu mon poing sur la gueule.
Il me demanda d'écouter ces mots et de faire ce que je voulais ensuite.
--- Dans un nuage épais, ton visage s'obscurcit, tes yeux deviennent sang, tes pensées sont mauvaises et s'envolent se déposer sur une âme. Toute ta vie, cela te poursuivra.
Je ne comprenais pas un mot de ce message et ne savais pas de quoi il retournait. Je commençais vraiment à en avoir assez. Alors je lui demandais à voir son visage, sinon je partirai.
Une lumière vint devant lui éclairer son visage. Quelle surprise j'ai eue, en le découvrant car c'était moi. Hallucinant, ma deuxième partie se trouvait là, devant moi, à me faire prendre conscience qu'une partie de moi était mauvaise. Je ne savais plus quoi penser. Me retrouver face à moi-même cela était très fort. Les rêves peuvent parfois nous conduirent à d'étranges expériences. Mais rêvais-je vraiment ? Car quand je me suis réveillé, je me suis retrouvé assis près de la table du salon, où se trouvait également un miroir. J'ai pensé, à l'époque, que je m'étais endormi sur le fauteuil. Mais quand je retournais dans ma chambre pour me recoucher, un message se trouvait sur ma table de chevet. C'était mon écriture, mais ce qu'il s'y trouvait inscrit était étrange pour moi. Ce message comportait deux lignes : " Maintenant tu sais qui tu es, alors choisi. "
Avec le recul, je me dis, qu'à l'époque, j'étais très perturbé intellectuellement et moralement et que je cherchais sûrement mon identité spirituelle. Mais, aujourd'hui, tout se met en place, comme un puzzle, et je demande pardon aux personnes ayant croisé ma vie et ayant pu être déçu par moi. Aujourd'hui je suis en Normandie, mais toujours en quête d'une identité. Suis-je fou ou tout simplement perturbé ? Je me souviens de mes dernières vacances en Corse, avec Christelle et son amie Sabine, ainsi qu'Eric, mon beau-frère. Je ne sais pourquoi, j'ai dit en montrant un endroit sur la carte : " C'est là que se trouve Colonna. " Tout le monde rigola.
Aujourd'hui Christelle sait que je n'avais pas dit cela au hasard. Car lorsqu'on entendit à la télévision le lieu où on l'avait découvert, c'était bien l'endroit cité par moi. C'est mon grand-père qui me l'avait communiqué.
Des personnes diront que j'ai une grande perspicacité. Je veux bien le croire pour certaines choses, mais de là à trouver un nom bien précis d'un lieu que je ne connais pas. Mon grand-père m'a transmis un sens que je garde en moi. Lorsque je touche la main de quelqu'un, je peux ressentir si son âme est bonne. Je ressens, au plus profond de moi, si cette âme est mauvaise, cache quelque chose ou ment. Christelle a encore pu être témoin de cela. J'ai ressenti qu'une personne de sa famille a le mal en lui. Son âme sera soumise au grand pardon divin s'il y a. Je ne veux pas qu'on me prenne pour un dingue. Si c'était le cas, je n'en voudrais à personne, car je ne sais pas moi-même comment je réagirais face à une personne comme moi. Je vis en Normandie, depuis plus d'un an, comme me l'avait annoncé mon grand-père quelques années auparavant. J'ai découvert le sens du mot amitié en découvrant des gens charmants, ouverts à beaucoup de choses. J'ai plus d'affinités avec ces personnes, que j'ai pu en avoir auparavant lorsque j'étais dans la banlieue parisienne. Bien sûr, se faire apprécier était le plus important pour moi et j'espère que les personnes que je côtoie m'apprécient pour ce que je suis réellement.
Lorsque j'ai pris connaissance de la maladie qui me ronge et fait changer mes humeurs, j'ai eu envie de tout quitter, ma vie, mon travail, mes amis pour me retrouver seul face à moi-même. Mais une chose m'a retenu, l'espoir de voir mon grand-père aussi longtemps que cela pourra être possible et qu'il voudra bien encore me rendre visite. Les jours qui passent ne se ressemblent pas. Chaque jour est différent et, ce matin, un texte m'est venu en tête et j'ai envie de vous le faire partager.
Toi Normandie,
Qui a guidé ma vie jusqu'ici,
Tu as découvert ma maladie.
Sans un cri, tu m'as accueilli,
Tu m'as fait découvrir de vrais amis
Et, dans ma vie, ils m'ont souri.
Aujourd'hui, je leur dis merci,
Merci à mes amis de Normandie.
J'ai trouvé ce texte approprié à ce que je ressens pour les amis que j'ai découvert ici. Mais il y a un texte que j'ai écrit un matin et que je n'ai jamais divulgué. Aujourd'hui, je le cite car je n'ai plus peur du lendemain.
Toi, tumeur, tu me fais peur.
Dans la nuit, je crie ta maladie.
Sans répit, tu me détruis.
Au fil de ma vie tu m'as poursuivi
Du jour au lendemain.
Tu me tiens par les deux mains.
Ce mal dans ma tête me guette.
D'un faux-pas, elle sera reine
Aujourd'hui, c'est lundi, et je te fuis sacrée maladie,
Car la Normandie c'est la vie.
Je n'aime pas trop me plaindre sur mon sort, car cela ne sert à rien d'en vouloir à la terre entière. Il vaut mieux ne pas y penser et la vie se déroule comme elle doit se dérouler. Quand je parlais de la passion qui s'était réveillée en moi, cela n'était pas dû au hasard. Les Amérindiens étaient très forts moralement et s'identifiaient beaucoup aux animaux. Moi, je m'identifie beaucoup au loup. Il est solitaire, fidèle en amour, comme en amitié, et un texte est approprié à lui, lorsqu'on regarde ses yeux.
Qui que vous soyez, hommes, femmes, vieux, jeunes, beaux ou moches, travailleurs ou chômeurs, hommes politiques, hommes de loi,
Peu importe qui que vous soyez,
Mais dans le regard d'un loup,
Si vous voyez autre chose que loyauté, fidélité ou amour,
Alors passez votre chemin.
Dans mon regard, c'est pareil, par moments je m'identifie à un Indien, sans prétention, sans en être un vraiment. Mais leur culture, leur moralité sur les choses de la vie m'apportent beaucoup et j'essaie de respecter leurs commandements, le plus souvent possible. Je pense d'ailleurs que certains devraient en prendre bonne note et alors nous pourrions peut-être vivre dans un ensemble uni.
Voilà ces commandements :
Restez proche du Grand-esprit.
Montrez un grand respect pour tous les êtres vivants.
Être toujours fidèle à la vérité et à l'honnêteté.
Faire ce qui paraît juste.
Soignez le bien-être du corps et de l'esprit.
Montrez du respect à la terre et à tout ce qui vit dessus.
Assumez pleinement la responsabilité de vos actions.
Faire don d'une partie de vos efforts au plus grand bien.
Travaillez ensemble pour le plus grand bien de l'humanité.
Prêtez assistance et gentillesse, là où il y en a besoin.
Ces commandements paraissent peut-être désuets à notre époque, mais, pour moi, ils m'apportent des valeurs essentielles. Comme eux qui croyaient aux esprits, je sais maintenant que les esprits existent et que nos morts nous laissent des messages bien après leur décès. Même si je suis malade, je sais que c'est peut-être un support, certes, mais cela m'aide beaucoup. J'aurais vraiment aimé être un Indien, pas pour le folklore, qui pourtant m'attire aussi beaucoup, mais pour leur façon de raisonner. Cela, ce n'est pas du surnaturel, mais une réalité. Il y a une légende indienne que j'aimerais vous faire partager. À vous d'en trouver la morale. Moi, j'ai la mienne. On ne peut être ce que nous ne serons jamais. Voilà cette légende, pensez-y à deux fois.
Une vieille légende indienne raconte qu'un brave trouva un jour un œuf d'aigle et le déposa dans le nid d'une poule de prairie. L'aiglon vit le jour au milieu d'une portée de poussins de prairie et grandit avec eux. Toute sa vie, l'aiglon fit ce que fait une poule de prairie habituellement. Il cherchait dans la terre des insectes et de la nourriture. Il caqueta de la même façon qu'une poule de prairie et lorsqu'il volait, c'était dans un nuage de plumes et sur quelques mètres à peine. Après tout, c'est ainsi que les poules de prairie volaient. Les années passèrent et l'aigle devint très vieux. Un jour il vit un oiseau magnifique planer dans un ciel sans nuage s'élevant avec grâce. Il profitait des courants ascendants faisant à peine bouger ses magnifiques ailes dorées.
--- Quel oiseau splendide, dit notre aigle à ses voisins. Qu'est ce que c'est ?
--- C'est un aigle, le roi des oiseaux, caqueta sa voisine, mais il ne sert à rien d'y penser à deux fois, tu ne seras jamais un aigle.
Ainsi l'aigle n'y pensa jamais à deux fois et mourut en pensant qu'il était une poule de prairie. Gardez votre conclusion pour vous et faites en bon usage.
Pour ceux qui liront ce que j'ai écrit, je ne veux pas faire bonne conscience mais simplement démontrer que chacun d'entre nous peut avoir un jour rencontré une chose dont il était difficile de parler même à ses proches, car ils ne comprendraient pas ou se forceraient à écouter. Mais cela, je n'y tiens pas, je veux que l'on m'écoute et que l'on me prenne au sérieux. J'ai assez dit de bêtises quand j'étais plus jeune. J'étais une personne indifférente aux autres. Je mentais beaucoup, comme tout jeune qui a peur qu'on ne le prenne pas au sérieux. J'ai appris quel était l'enjeu de la vie aujourd'hui. Le mensonge n'apporte que le mépris des autres. Le mensonge est une partie du mal qui est en nous. Chacun de nous a un jour, dans sa vie, menti pour ne pas blesser un proche qu'on aime ou pour d'autres bonnes raisons. Celui qui dit qu'il n'a jamais menti, je ne le croirai pas, car même le plus saint des saints a menti au moins une fois dans sa vie. Moi, je peux dire aujourd'hui que tout ce que j'écris, je l'écris avec mon cœur. Rien de ce qui est cité dans ce livre ne relève du mensonge ou d'un tout autre dérivé.
Je me souviens de la première fois où j'avais envie de dire ce que je voyais, ce que je ressentais, cela était difficile d'en parler de peur d'être incompris. Je décidais alors d'aller voir mon médecin de famille, qui me suivait depuis ma naissance. Lui saurait si j'étais fou et si cela serait passager. Au début j'ai eu peur de lui dire, mais cela m'oppressait et me compressait. J'allais donc voir mon médecin, un samedi matin, et lui racontait tout depuis le début. Il m'écouta longuement et me demanda de revenir finir ce que j'avais à dire car il avait du monde et ce n'était pas facile. J'y allais donc trois samedis de suite. À chaque fois, il m'écoutait, mais ne disait rien. Puis à la fin de mon histoire, il me dit que j'allais très bien et que je ressortais du plus profond de moi des choses que j'aimerais voir se réaliser.
--- Je ne vais pas te dire que je ne te crois pas, mais seulement qu'il y a une réponse à toute chose et la cause est souvent complexe. Tu sais le cerveau est un vaste domaine dont personne n'a encore trouvé toutes les clefs de son exploration. Et tu vis à travers cela. Cela ne veut pas dire que tes émotions sont irréelles, bien au contraire, ils te stimulent.
Je voyais qu'il ne croyait pas un mot de ce que je disais, mais cela m'avait fait du bien d'en parler à quelqu'un. Il ne me jugeait pas, mais avait un avis médical rationnel comme tout médecin aurait eu. Mais, ce qui fut choquant pour lui, c'est qu'au moment où il me parlait, je lui coupais la parole en lui disant que je savais que sa femme était malade. Il me répondit que sa femme se portait très bien et me dit :
--- Tu vois que ton subconscient te fait dire des choses incohérentes.
Il me donna donc des cachets pour me relaxer et pour dormir un peu mieux. Je lui dis que mon grand-père m'avait soufflé ces faits. Mais il ne répondit pas et me formula une ordonnance médicale.
Bien des mois plus tard, alors que le docteur que j'avais été voir vint rendre visite à ma grand-mère, qu'il suivait médicalement aussi, il lui demanda de me dire de venir le voir et que c'était très important. Ma grand-mère, alors inquiète, demanda s'il s'agissait de ma santé. Il lui répondit que non, mais qu'il fallait qu'il me voie rapidement. Ma grand-mère, comme je venais la voir tous les soirs, depuis le décès de mon grand-père, me donna le message le soir même et je pris rendez-vous pour le samedi après-midi suivant. Je pensais qu'il voulait me voir au sujet des analyses de sang qu'il m'avait fait faire. Mais pas du tout, il me demanda comment je savais que son épouse allait être malade. Très surpris de sa question, je lui répondis que mon grand-père me l'avait dit. Très choqué par mes dires, je vis qu'il commençait à me croire un petit peu, mais qu'il restait toutefois perplexe, surtout quand j'ajoutais que mon grand-père m'avait dit que sa femme allait subir une grave opération. Cela le troubla, car il me dit qu'en effet son épouse allait subir une opération très grave. Il me demanda alors si cela allait bien se passer. Très surpris par sa question, car rationnel habituellement, il avait assisté mon grand-père jusqu'à la fin, je luis répondis que oui, que tout irait bien, mais qu'il faudrait plusieurs mois avant qu'elle s'en remette. Il me demanda de l'accompagner à l'hôpital. Je lui demandais si cela était vraiment nécessaire. Il lui répondit que oui et que maintenant il me prenait très au sérieux. Je lui demandais alors de quoi elle se ferait opérer. Il fut étonner par ma question. Je lui dis alors que mon grand-père n'avait pas voulu me le dire. Il me répondit qu'il s'agissait d'une tumeur au cerveau. Mince, lui répondis-je, avec émotions. Il me fixa un rendez-vous pour le dimanche après-midi. Elle était hospitalisée à la Salpêtrière, à Paris.
Le médecin était très content que je vienne avec lui. Moi, je n'étais pas très rassuré et ne saurais quoi lui dire. Quand nous entrâmes dans la chambre de la malade, je sentis comme une présence, mais n'y fis guère attention. Il me présenta comme un ami qui souhaitait la réconforter. Cela remonte à sept ans en arrière, mais ce souvenir est toujours présent en moi. Elle me dit :
--- C'est toi Philippe ?
Surpris, je répondis :
--- Oui, Madame.
--- Non pas madame, appelle-moi par mon prénom …
Elle me prit la main et me dit que c'était très gentil d'être venu lui rendre visite. Lorsqu'elle me prit la main, je sentis une chaleur intense dans la main, due sûrement à mon émotion. Nous parlâmes de banalités, mais elle me tint la main jusqu'à mon départ.
Elle se fit opérer le lendemain. Aujourd'hui, elle va mieux. Tout le mal, qu'elle avait en elle, est parti. Je ne la revis jamais, mais je sais qu'elle est bien maintenant. C'est à moi aujourd'hui de me battre contre cette saloperie de tumeur.
Très troublant, pourquoi me suis-je retrouvé près d'elle ? Pour lui prendre sa maladie, ça je ne le saurais jamais. Mais à chaque fois que je rencontre ce médecin, il me remercie et je pense que c'est un peu grâce à lui si j'ai été muté en Normandie. Aujourd'hui encore, je pense à toutes ces choses qui m'ont marquées et qui ont changé le cours de ma vie. J'ai encore du mal à en parler et c'est plus facile de l'écrire. Je sais que mon grand-père veille à l'authenticité de ce que je raconte, mais il est vrai que je me pose encore des questions. Pourquoi moi ? Et pourquoi ces choses m'arrivent à chaque fois que ma vie risque de basculer. J'espère que quand sera venu le jour où je ne serais plus de ce monde, je serais en mesure de venir voir mes proches qui m'ont le plus touché dans ma vie, sans leur faire peur, et sans leur laisser penser qu'ils puissent être fous. Si je pouvais revenir voir mes proches, je le ferais dans la même approche que mon grand-père l'a fait. Tout doucement en faisant penser que c'est un rêve. Un rêve, c'est merveilleux, car on fait revivre toutes les personnes qui nous sont chères. Alors il n'y a plus d'éternité mais du présent.
Merci encore à toi grand-père de m'avoir donné toutes ces émotions et celles que tu m'apporteras encore, car je sais qu'avec toi le rêve n'est plus un rêve.
CONCLUSION.
Pour terminer sur une conclusion logique et rationnelle :
-- Pour les uns, je dirais que j'ai souffert d'une grosse poussée d'adrénaline et que ces choses qui me sont arrivées ont été bénéfiques pour mon esprit et pour mon corps. Et que, même si cela persiste, c'est sûrement dû à ma prise de médicaments. Le cerveau étant tellement complexe, seuls les initiés pourront en avoir les clefs. Je les remercie quand même d'avoir lu jusqu'au bout mon récit, par curiosité et pour voir jusqu'où ma débilité profonde va. Mais je les rassure, je ne suis pas débile, ni dénué de sens illogiques ou logiques. Je fais simplement la conclusion qu'ils aimeraient peut-être lire.
-- Pour les autres, ma conclusion est claire et précise, mon grand-père est là, présent à mes côtés et me guide chaque jour de ma pauvre vie. Toutes ces images, qu'il me fait parvenir, ces messages qui me font cogiter très souvent, sont une richesse intérieure. Ceux qui penseront que je ne suis ni parano, ni débile profond, et qui croient qu'après la vie il y a la vie. À ceux-là je tenais à dire aujourd'hui : " Profitez du temps présent. Les événements que vous pourrez endurer tout au long de votre vie ne sauront être remplacés de l'autre côté, car votre moi vous suis. Cela peut vous sembler paradoxal, mais votre âme sera purifiée quoi que vous fassiez. Ces êtres venus d'ailleurs, comme les appellent les scientifiques, sont des êtres venus du plus profond de nous. Chaque défunt a un parcours personnel et c'est très rare qu'un proche décède et qu'il refuse de revenir un instant près de ceux qu'il a aimés. À vrai dire, ils sont toujours présents quoi qu'on en dise et qu'on en pense. J'ai constaté, qu'à chaque fois que j'ai rencontré mon grand-père ou d'autres personnes qui souhaitaient venir me voir, qu'à chaque réveil, j'étais très fatigué, épuisé à croire que c'était un marathon et qu'il fallait être en forme. Non, je ne crois pas. Il faut tout simplement être bien dans sa tête, sinon, là oui, on devient complètement dingue. Et dans ce cas, c'est la dérive vers la parano assurée. Beaucoup de mes proches seront surpris en lisant ce livre, mais ils sauront que certains faits ne peuvent être les fruits de mon imagination. Quoi que diront certains, je me répète, mais aucune, extasie ni autres amphétamines, n'ont troublé mon cerveau, qui est sain, enfin presque…
Pour finir, car rien n'est fini, chaque jour est un nouveau jour et chaque fois que mon grand-père sera là, ce sera un nouveau jour pour moi. Mon désir le plus profond c'est le besoin de savoir qu'il sera présent éternellement. Juste pour te dire grand-père tu me manques encore plus puisque tu es présent.
Ces conclusions amèneront certains à dire que je rêve et que cela se passe ainsi, mais en décortiquant un rêve on peut souvent trouver des choses très intéressantes. La réalité de votre futur reste en votre possession. Vous devez en connaître toutes les définitions, toutes les possibilités que peut comporter votre avenir. Vous êtes le récepteur direct, unique, de l'annonce des prochains événements, car chacun de vos rêves vous signale sous une forme particulière et avec une précision extraordinaire, des faits ce que vous allez connaître et devoir résoudre. Car chacun d'entre nous possède cette faculté de savoir son propre avenir, d'en apprécier les modalités, d'en mesurer les conséquences et d'estimer à sa juste valeur les modifications annoncées. Un rêve peut être une longue succession d'images, apparemment incohérentes, ou la vision en clair d'un événement précis. Chacun de nos rêves doit être perçu comme un message prémonitoire et ne doit pas être pris à la rigolade. Je l'ai fait trop souvent et, aujourd'hui, j'en souffre encore. À vous de vous forger une opinion en votre âme et conscience. Je risque d'être jugé, voir dévisagé. Je tiens à dire que j'ai découvert qui je suis vraiment, ce que je recherchais depuis toujours sans culpabiliser mon ego. Je sais, aujourd'hui, que le rêve et la réalité font partie de moi et cela n'est plus pour moi l'angoisse d'une réalité mais la réalité vraie. Pensez à ceci en vous endormant, car vous vous retrouverez peut-être un jour face à votre avenir. Que sera votre quotidien ? Vous seul pourrez avoir la bonne réponse. Moi j'ai enfin trouvé la mienne. Bonne chance à ceux qui cherchent encore. Moi-même, aujourd'hui, si je dois finir ma vie dans un temps incertain, peut-être compté, je sais que maintenant, je ne serais jamais seul dans ce monde encore inconnu de nous tous.
TÉMOIGNAGES CERTIFIANT CERTAINS FAITS RÉALISES
Je suis la compagne de Philippe depuis un peu plus de trois ans et j'ai pu constater que ce n'est pas une personne comme les autres. Il arrive à savoir quand une personne est vraiment sincère ou si elle ment. Mais il m'a également appris des choses que j'ai vu se réaliser. Par exemple, un matin, il m'a dit avoir rêvé de sa sœur et l'avait vu travailler la nuit à nettoyer et s'occuper de personnes âgées. Ce qui m'épata, c'est que le lendemain midi, sa sœur nous appela d'Italie, pour nous annoncer qu'elle avait trouvé un emploi dans un hospice pour s'occuper des personnes âgées, la nuit. Alors que Philippe ne lui avait rien dit de son rêve. Étrange quand même, non ? Dernièrement, j'étais à la recherche d'un emploi et j'avais postulé un peu partout. Philippe m'a alors dit de ne pas m'inquiéter car il me voyait travailler dans un endroit bien précis et que l'on n'allait pas tarder à m'appeler. Quelques jours plus tard, j'étais convoquée et je travaillais, dès le lundi suivant, à l'endroit même qu'il m'avait cité.
Toujours aussi sceptique ! Pleins de situations, d'événements se sont vu réalisés alors que Philippe m'en avait parlé bien avant… !!! Cela ne me dérange pas tant qu'il ne me dit pas de mauvaises choses. Il est évident que je ne peux rien lui cacher, mais ça ne me gêne pas, car, même si je devais lui cacher quelque chose un jour, il saurait pourquoi et saurait donc qu'il n'y aurait aucun mal à ça. Car il sait que je suis quelqu'un de fidèle et de sincère dans mes sentiments pour lui. Et que si ce n'était pas le cas, je ne serais pas près de lui. Moi qui suis de nature plutôt inquiète du lendemain, il me permet de l'être un peu moins en me rassurant. En me disant que tout ira mieux et que ce n'est qu'une mauvaise passe. Et vu que je sais qu'il sait, s'il me dit cela, je ne m'inquiète plus.
Auprès de Philippe, j'ai appris à être moins intolérante et moins superficielle. L'important, dans la vie, n'étant pas d'amasser des biens, qui se trouvent bien souvent inutilisés, mais de partager la vie avec les autres et d'en profiter car elle est courte sur terre. Ensuite, on en commence une nouvelle dans laquelle vous n'emmenez pas tous vos biens (argent,…) alors que tous les amis qu'on s'est faits, on les retrouve eux. Je vous laisse à vos questions auxquelles vous trouverez peut-être des réponses.